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Choix des couverts d’interculture dans un assolement après néonicotinoïdes

L’emploi de néonicotinoïdes sur betterave contraint les choix de couverts d’interculture dans l’assolement. L’ITB rappelle dans cet article les règles à suivre et les précautions à prendre.

Rappel réglementaire

L'arrêté du 1er février 2022 autorisant provisoirement l’emploi de néonicotinoïdes (NNI) indique qu’il faut « limiter l’implantation des cultures intermédiaires après la culture suivante à des cultures peu attractives pour les abeilles et les autres pollinisateurs conformément à l’annexe 2, ou éviter les floraisons, ou recourir à une destruction avant floraison. »

Pour éviter que les couverts viennent à fleurir, les contraintes sur le choix des espèces sont données par l'annexe 2. Le tableau ci-dessous en donne un résumé en n'indiquant que les espèces susceptibles d'être implantées en interculture :

Espèces Annexe 2

La campagne culturale se définit de manière générique "de la récolte du précédent (année n-1) à la récolte de la campagne en cours (année n)".

Pour des betteraves semées avec NNI en 2021, l'interculture à l'automne 2021 est considérée en n+1 (campagne 2022), celle à l'été-automne 2022 en n+2 (campagne 2023). Dans ce cas, il n'y a donc plus de contrainte sur la conduite des couverts à partir de l'été 2023 (campagne 2024).

Dans tous les cas, il est possible d'implanter des couverts d'espèces figurant dans l'annexe 2 (cultures fourragères mellifères, moutarde, radis etc.), mais uniquement si la floraison est évitée, ou si le couvert est détruit avant celle-ci. Cependant, cette dernière option se confronte au cadre réglementaire des programmes d’actions régionaux pour les nitrates. Pour la plupart des régions betteravières, le couvert doit au moins être présent deux mois, et sa destruction ne doit pas être réalisée avant le 1er novembre. Les consignes peuvent varier selon les programmes d’actions régionaux, dans le cas notamment de situations spécifiques (teneur en argile élevée, semis tardif du couvert, zones d’actions renforcées, SIE…).

Les solutions techniques envisageables

En résumé, il faut soit choisir une espèce qui puisse être implantée sans contrainte selon l’annexe 2, soit faire en sorte de ne pas avoir de floraison du couvert sous les contraintes de conduite définies dans les programmes d’actions.

Dans le second cas, deux leviers sont mobilisables pour éviter de se retrouver en difficulté :

  1. Choisir des espèces et/ou des variétés tardives,
  2. Réduire la période de végétation du couvert pour limiter la somme de température et le risque de floraison.

Le choix peut se faire parmi des espèces qui, dans des conditions de semis relativement tardives (fin août, début septembre), ont peu de chances de fleurir avant la date de destruction réglementaire, comme la phacélie par exemple. L'attention doit aussi être portée sur la composition des mélanges commerciaux. Concernant les moutardes et radis nématicides, il convient de faire les bons choix variétaux.

Pour les moutardes nématicides les plus tardives, dans les essais conduits par l’ITB ces cinq dernières années, les floraisons ont débuté (avec moins de 3 % de plantes fleuries) au plus tôt autour des 1000°.j, et autour de 700-800°.j pour les variétés précoces. Pour les radis nématicides, généralement plus tardifs que les moutardes, les floraisons (<3%) ont débuté au-delà de 1200°.j, à l’exception des variétés les plus précoces (Arena, Litinia). Le déclenchement des floraisons n’est pas uniquement lié à la somme de degrés jours : il peut dépendre aussi des durées des jours, de conditions particulièrement sèches etc. Il convient donc de conserver une marge de manœuvre. Les tableaux ci-dessous indiquent, pour quelques stations météorologiques, les sommes de degrés jours selon différentes durées de mises en place des couverts.

Somme degrés jours

Dans tous les cas, les variétés de moutardes précoces ne seront pas adaptées, le risque de floraison est trop important. Pour des dates de semis autour du 10/09, avec une destruction autour du 10/11, des variétés tardives de moutarde devraient permettre de respecter les contraintes liées à la réglementation. Pour des dates de semis plus précoces, autour du 01/09, le risque est un peu plus élevé, et il semble préférable de s’orienter vers un autre choix d’espèces. Dans les situations indiquées, les semis de radis sont adaptés : en revanche, sur des situations de semis plus précoces (début août), il convient de les éviter.

Finalement, l’objectif est de trouver un compromis sur la date de semis qui ne dégrade pas trop le développement du couvert, et qui n’entraine pas de floraison dans les contraintes réglementaires de destruction. Dans les situations de semis précoces, notamment pour les SIE, beaucoup d’espèces ne pourront pas être implantées avant l’été 2023 en couvert d’interculture (dans le cas d'un semis de betteraves avec NNI en 2021). Pour anticiper toute floraison inopinée du couvert, il est conseillé de prendre contact avec la DDTM pour voir les possibilités de destruction avant la limite réglementaire. Dans tous les cas, il est conseillé de vérifier les règles définies dans les Programmes d'Actions Régionaux (PAR) d'application de la Directive Nitrates. 

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Agrément conseil de l’ITB à l’utilisation des produits phytosanitaires n° 7500002.
Le portail EcophytoPIC recense les techniques alternatives à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.


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