
ITB Nord - Pas-de-Calais ·
La réunion annuelle de l’ITB Nord-Pas-de-Calais s’est tenue le mercredi 14 janvier à Arras. Retrouvez l’ensemble des présentations.
La région Nord-Pas-de-Calais, avec 100t/ha de moyenne, retrouve un niveau de rendement très satisfaisant. Ces rendements s’expliquent par des semis réalisés à une date plus précoce que les deux dernières années, ainsi que par des conditions climatiques favorables à la betterave, surtout l’ensoleillement, et une faible pression de la cercosporiose.
La préparation de sol et le semis sont des étapes essentielles : intervenir sur un sol bien ressuyé, ne pas multiplier les passages d’outils de préparation et avoir une profondeur de semis égale à 2,5 cm sont gages de réussite pour obtenir une levée régulière.
Une fertilisation azotée optimale sur les parcelles de betteraves est nécessaire. Pour cela, il faut réaliser un reliquat sortie hiver (RSH). Les RSH constituent un levier essentiel pour fertiliser la betterave, chaque sol présentant des caractéristiques différentes et donc une dose conseillée spécifique. Une fertilisation mal raisonnée entraine un surcout de fertilisation non justifié. Enfin, le positionnement de l’azote est un point clé pour éviter les brûlures sur les germes des betteraves. L’ITB conseille d’apporter l’azote au moins 15 jours avant le semis, et dans les situations avec un apport plus faible, ce délai peut être raccourci. L’idéal étant de localiser l'azote au semis.
L’enquête désherbage montre que celui-ci a été compliqué en 2025, en partie à cause des conditions de l’année. Les adventices les plus présentes sont les chénopodes, les chardons et les graminées. Pour rappel, il faut utiliser les buses et un volume de bouillie adapté à celles-ci. Le choix des produits, tel que la Clomazone pour les chénopodes, et les conditions climatiques, notamment une bonne hygrométrie lors du traitement, sont également gages de réussite.
En 2026, dans les situations satisfaisantes, il convient de poursuivre avec les herbicides conventionnels. Pour les situations d’échec dont les origines sont des betteraves montées, un stock semencier important ou une impasse technique, la solution Smart constitue une alternative. Elle nécessite une certaine technicité. Il s’agit d’intervenir deux fois, sur des adventices plus développées, en associant à chaque passage le Conviso One à 0,5 l/ha avec un ou plusieurs partenaires. Il faut aussi veiller à intervenir sur des chénopodes au stade deux feuilles vraies maximum.
Pour les graminées, le choix du programme est très important, le plus efficace étant double « DIM » + ISARD + double adjuvantation. Comme le désherbage des dicots, les conditions climatiques et le choix des buses conditionnent le résultat final. Pour autant l’efficacité n’est pas de 100 %, un binage peut être utile pour parfaire le désherbage.
Les 43 parcelles du réseau d’épidémiosurveillance du Nord-Pas-de-Calais visent à d’observer l’arrivée et l’évolution des pucerons. Les premières observations de pucerons verts (Myzus persicae) ont débuté le 22 avril et se sont étalées jusqu’à la mi-juin, avec des pics de présence au début et à la fin du mois de mai.
Ces observations permettent de positionner au mieux la protection aphicide, limitant ainsi l’inoculation des virus de la jaunisse. Cet été, des symptômes de jaunisse ont été observés de façon hétérogène sur l’ensemble de la région. Alors que 71,8 % des parcelles observées ne présentent aucun symptôme, 21,3 % des parcelles présentent quelques taches de jaunisse (< 1 %) et 6,6 % des parcelles ont de 1 à 5 % de leur surface atteinte par la jaunisse.
En 2025, les conditions météorologiques du mois de juin ont été favorables à l’apparition hétérogène de la rouille et de la cercosporiose dans la région. Bien que le mois d’août n’ait pas été propice au développement de la cercosporiose, les leviers utilisés ont permis de limiter les pertes de productivité.
Pour rester informé de l’évolution des maladies foliaires durant l’été, l'OAD “Alerte Maladies”, permet de suivre l’arrivée et la progression des maladies foliaires par secteur géographique. Il est disponible gratuitement sur le site internet de l’ITB.
La tolérance variétale constitue le levier majeur de la lutte contre la cercosporiose. Il est impératif de choisir une variété tolérante à la cercosporiose pour les arrachages réalisés au-delà de la fin octobre. Pour choisir sa variété en fonction de la date d’arrachage, les indices de sensibilité sont disponibles dans les pages centrales du Betteravier Français nᵒ 1209 du 25 novembre 2025 ainsi que sur le site internet de l’ITB.
Les produits ou programmes de lutte contre la cercosporiose sont classés selon leur performance. Il est essentiel d’utiliser les produits les plus efficaces, aux doses homologuées (Spyrale 1,0 l/ha ou Propulse 1,2 l/ha…), afin de limiter l’apparition de résistances. Un gain d’efficacité significatif est observé lors de l’ajout d’Airone SC aux différentes solutions conseillées. Sous réserve de l’obtention d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) dérogatoire en 2026, Airone SC est à positionner dès le T1, quel que soit l’indice de tolérance à la cercosporiose de la variété à protéger.
Le choix de la variété doit être adapté à la parcelle en fonction du risque sanitaire identifié, particulièrement vis-à-vis de la rouille et de la cercosporiose, en s’appuyant sur les données publiées dans le cahier technique n°1209 du Betteravier Français.
Ces références, fondées sur des regroupements nationaux pluriannuels menés par l’ITB et les SAS, permettent une sélection impartiale des variétés, favorisant le potentiel de chaque parcelle.
Le Syndrome des Basses Richesses (SBR) fait son retour en France depuis quelques années, notamment en Alsace. Véhiculée par la cicadelle Pentastiridius leporinus, cette bactérie entraîne un jaunissement généralisé des parcelles, des repousses de feuilles lancéolées de petite taille, et surtout une forte baisse de la richesse en sucre.
Actuellement, comme lors de sa présence en Bourgogne dans les années 1990, seul un changement de rotation culturale permet de limiter son développement. En effet, l’implantation d’une culture de printemps, telle que le maïs, permet de rompre le cycle de développement de la cicadelle.
Des travaux sont en cours en France et en Europe, notamment dans le cadre du projet IPSEELON du programme PARSADA.
Les cicadelles sont également vectrices d’autres phytoplasmes, tels que le stolbur ou le Rubbery Taproot Disease (RTD). Cette maladie provoque une racine dite “caoutchouteuse” ainsi qu’un dépérissement total du feuillage. La récolte et l’acheminement en sucrerie doivent alors être accélérés, sous peine de pertes totales. Ce phytoplasme touche aussi les cultures de pomme de terre.
Le RTD est aujourd’hui présent dans de nombreux pays européens.
Depuis 2021, l’ITB dispose d'élevages de pucerons verts et noirs au pôle betteravier du Griffon (Aisne). Ceux-ci sont ensuite transférés sur les plateformes d’essais afin d’inoculer plus de 30 000 betteraves. Ces inoculations permettent d’homogénéiser la pression de jaunisse, qui demeure très élevée, et de cartographier, observer et mesurer l’impact sur le rendement des variétés, notamment à travers des essais miroirs (inoculés vs protégés).
À ce jour, les variétés les plus productives le restent, même sous pression virale, la perte de rendement s’appliquant de manière relativement uniforme. Toutefois, on observe que les nouvelles variétés subissent des pertes légèrement moindres, sans pour autant pouvoir être qualifiées de réellement tolérantes aux virus.
Le climat évolue depuis les années 1960, +0,3 °C par décennie, une pluviométrie stable mais avec une répartition annuelle différente. Ces modifications ont des conséquences sur les cultures, mais également sur les sols : érosion, compaction, biologie, carbone…
Face à ce constat, deux stratégies sont possibles. La première, de court terme, consiste à s’adapter au changement climatique par des cultures ou des variétés moins sensibles, des sols plus résilients, un recours raisonné à l’irrigation… La seconde, de moyen-long terme, cherche à atténuer le processus en s’attaquant aux causes du réchauffement climatique : stocker davantage de carbone dans les sols ou les arbres, réduire les consommations de carburant ou d’engrais…
Plusieurs leviers agronomiques peuvent être activés en matière d’adaptation comme d’atténuation. Le travail (ou non-travail) du sol a des impacts très importants sur la structure (porosité, portance, enracinement…) et sur le cycle de l’eau (battance, érosion, ressuyage, capillarité…), mais plus nuancés sur le carbone (des gradients de teneurs en matières organiques en non-labour, mais pas ou peu d’extra-stockage de carbone). Les couverts végétaux protègent efficacement les sols (ruissellement, érosion, structure). Ils offrent une entrée supplémentaire de carbone pour équilibrer les bilans humiques et pour stimuler la vie du sol. Leur impact sur le stock d’eau disponible pour les cultures est généralement faible (sauf en cas de pousse de printemps). Les matières organiques représentent un pilier très important de la fertilité des sols au sens large, ainsi qu’un puits de carbone pour atténuer le changement climatique. Les rotations industrielles déséquilibrent les bilans humiques : leur stabilisation passe par le retour maximal au sol de résidus de cultures, de couverts et d’effluents organiques. Il importe enfin de dépasser l’échelle de la parcelle agricole pour appréhender le rôle de l’aménagement du parcellaire face au changement climatique (haies, talus, fascines, bandes enherbées ou fleuries… avec une hydraulique agricole fonctionnelle).
Il semble évident qu’il faudra, encore plus qu’avant, des sols « en bonne santé » pour affronter ces problématiques. Le changement climatique n’est pour autant pas une fatalité. Des outils existent, ou sont en cours de déploiement, pour aider les agriculteurs à évaluer et à améliorer les fertilités physique, chimique et organobiologique de leurs sols.
Agrément conseil de l’ITB à l’utilisation des produits phytosanitaires n° 7500002.
Assurance RC n° 05421646Y/1025.
Le portail EcophytoPIC recense les techniques alternatives à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.
Organisme agréé Crédit d'impôt Recherche
L'Institut Technique de la Betterave est
membre du réseau Acta
Institut Technique Agricole Qualifié
par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation