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Evolution des pratiques de travail du sol

Les données des enquêtes de 2021 permettent de compléter l’état des lieux des pratiques de préparation du sol entre la récolte du précédent et l’implantation de la betterave et d’identifier des tendances d’évolution depuis 2011. Cette étape de préparation du sol est essentielle pour assurer une levée homogène des betteraves, et la bonne réalisation des interventions suivant le semis. 

 

La diversité des itinéraires de travail du sol avant le semis de la betterave

 

 

Une succession d’interventions mécaniques

 

La préparation du sol en vue de l'implantation d’une culture regroupe une succession de passages mécaniques ayant différents objectifs : la gestion des résidus de la culture précédente, la gestion des adventices, la couverture du sol, le décompactage ou travail profond, l’ameublissement et l’aération du sol, l’affinement en vue du semis. Les enquêtes montrent que la majorité des itinéraires comprennent :  

 

  • Au moins un passage de travail profond avec retournement (75 % de surfaces labourées), ou en substitution du labour un travail profond sans retournement (11 % de surfaces), certains itinéraires cumulant par exemple un travail profond d’automne puis un labour d’hiver,  
  • Un à deux passages superficiels réalisés à l’automne-hiver (75 % des surfaces),   
  • Un à deux passages de préparation du semis (71 % des surfaces),  
  • Et des passages associés à la gestion d’un couvert d’interculture : implantation du couvert puis destruction (par broyage, mécanique …) ou récolte pour valorisation (1,4 % des surfaces).  
  • Certains itinéraires sont constitués d'une succession de passages superficiels (8 % des surfaces) voire un travail simplifié (6 % des surfaces) avec un seul passage d’un outil combiné pour la préparation du sol et le semis des betteraves. 

 

 

Ces pratiques sont combinées en un itinéraire technique, le plus représenté dans les pratiques concerne 8 % des surfaces, plus de 300 combinaisons différentes ont été répertoriées dans les enquêtes.  

 

 

Source : Enquêtes pratiques culturales GC 2021- Accès CASD - Traitement ITB - En gris : les pourcentages de surfaces pratiquant cette combinaison de pratiques. En rouge : la broyage des résidus de la récolte précédente. En jaune : les pratiques de gestion du couvert d'interculture. En vert : le travail profond avec ou sans retournement. En orange : le travail superficiel. En bleu : le travail simplifié (un seul outil combiné de préparation de sol et de semis de la betterave).  

 

Les spécificités de la préparation du sol pour le semis de la betterave  

 

L’implantation de la betterave se caractérise par :  

 

  • Un intervalle conséquent de 244 jours en moyenne entre la récolte du précédent et le semis de la betterave, qui favorise l’implantation d’un couvert d’interculture. En betterave 93 % des surfaces reçoivent un couvert d’interculture, soit plus que pour les autres cultures de printemps (sur l’ensemble des régions, pas uniquement les zones betteravières) : 89 % pour le lin fibre, 79 % pour la pomme de terre et 69 % pour le pois protéagineux. 

 

 

 

Un couvert d’interculture sur plus de 90 % des surfaces betteravières !

 

  • Le labour reste incontournable pour la gestion du stock d’adventices, ainsi que l’enfouissement des spores, virus, ravageurs, et autres bioagresseurs. Il est pratiqué sur 75 % des surfaces betteravières, proche des autres cultures de printemps (sur l'ensemble des régions, pas uniquement les zones betteravières) : 72 % pour la pomme de terre, 71 % pour le maïs fourrage.  

 

 

Le labour d’hiver, toujours majoritaire avant l’implantation d’une betterave ?

 

La pratique du labour d’hiver diminue au profit d’un travail superficiel voire simplifié (un seul outil combiné de préparation de sol et de semis). Cependant la réalisation d’un travail profond, que ce soit avec ou sans retournement, reste la plus pratiquée avant l’implantation d’une betterave, avec en 2021 86 % de surfaces concernées.   

 

 

Les zones betteravières sont-elles majoritairement labourées en hiver ?  

 

Deux régions se démarquent fortement, en lien avec leur type de sol : la Normandie et la Champagne. La région normande se caractérise par des sols limoneux battants, et une proximité avec la côte maritime impliquant peu de jours de gel, ce qui limite l’intérêt d’un labour d’hiver. Le labour de printemps est devenu la pratique majoritaire (53 % des surfaces) avant l’implantation d’une betterave, ainsi qu’une succession d’interventions superficielles sans travail profond (17 %), reléguant le labour d’hiver sur moins de 14 % des surfaces en 2021.  

 

La Champagne a quant à elle des sols crayeux, également battants, sur lesquels on retrouve une diversité de pratiques : du labour d’hiver pour 40 % des surfaces, du travail profond au printemps pour 23 % des surfaces, une succession d’interventions superficielles pour 12 % des surfaces, du travail simplifié sur 10 % des surfaces et du labour de printemps sur 10 % des surfaces.  

 

En ce qui concerne les autres régions, le labour d’hiver reste majoritaire, avec mis à part en région Centre, une très légère tendance à la baisse de la pratique ces dernières années, au profit d’une succession d’interventions superficielles, et de travail simplifié. La région Nord se démarque par une proportion de labour de printemps proche de 18 %, en lien le nombre de jour de gel limité à proximité de la côte maritime.  

 

 


Cet article se focalise sur 3 jeux de données issus des "enquêtes pratiques culturales en grandes cultures" menées par le ministère de l'Agriculture : 559 parcelles betteravières analysées en 2021, 682 en 2017 et 854 en 2011. 

 

Les questionnaires ainsi que les principaux résultats sont disponibles sur le site agreste / sources, définitions, méthodes / Sources / S-PK GC 2021. L'accès à certaines données utilisées dans le cadre de ce travail a été réalisé au sein d'environnements sécurisés du Centre d'Accès Sécurisé aux données - CASD (Réf. 10.34724/CASD).  

 

*Source : ministère de l’Agriculture SSP [Producteur], Pratiques culturales sur les grandes cultures - 2011 / 2017 / 2021 [Fichiers de données], Centre d'Accès Sécurisé aux Données (CASD) [Diffuseur], Traitement ITB.  

 

 

L'ITB bénéficie pour ce projet du concours financier du Compte d'Affectation Spécial pour le Développement Agricole et Rural (CASDAR), géré par le Ministère en charge de l'Agriculture. 

 

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