Un réseau national d’observation au champ
Le fonctionnement d’Alerte Pucerons repose sur le réseau d’épidémiosurveillance de la filière betteravière. Chaque semaine, des observations sont réalisées dans près de 250 parcelles réparties sur l’ensemble des bassins de production, grâce à environ 40 partenaires et une centaine d’observateurs.
Les données proviennent des observateurs du Bulletin de Santé du Végétal (BSV) :
- des équipes régionales de l’ITB,
- des services techniques des sucreries,
- des chambres d’agriculture,
- des prescripteurs.
Les observations sont saisies dans la plateforme Vigicultures®, puis exploitées dans l’outil Alerte Pucerons.
Comment les pucerons sont-ils comptés ?
Les observations sont réalisées dans les parcelles du réseau, hebdomadairement pendant la période sensible, entre la levée et la couverture du sol, voire deux fois par semaine sur certaines parcelles lorsque la pression est importante.
Concrètement, l’observateur :
- examine un échantillon représentatif de betteraves,
- compte les plantes portant au moins un puceron,
- distingue les pucerons verts et noirs,
- observe également la présence d’auxiliaires.
L’observation doit être minutieuse, notamment dans les jeunes feuilles du cœur de la betterave, où les pucerons se cachent fréquemment.
À quelle fréquence les données sont-elles mises à jour ?
Les parcelles du réseau sont suivies chaque semaine, mais la carte Alerte Pucerons est actualisée automatiquement dès qu’une nouvelle observation est validée.
En Champagne, les équipes de l’ITB réalisent par exemple environ 2 000 observations par an et participent à la validation de près de 10 000 données à l’échelle du réseau régional.
Cette fréquence de suivi permet de détecter rapidement les premières colonisations et de suivre l’évolution du risque selon les conditions météorologiques.
Comment les données sont-elles validées ?
Les données saisies ne sont pas publiées sans validation par les experts régionaux de l’ITB avant diffusion.
Cette validation prend en compte :
- les observations de pucerons dans les parcelles,
- les captures d’ailés dans les cuvettes jaunes,
- l’identification des espèces,
- les conditions climatiques favorables ou défavorables au développement des populations.
Un traitement automatique est également réalisé pour :
- appliquer les seuils définis,
- vérifier la vraisemblance des informations parcellaires (date de semis, variété ... ),
- valider la cohérence globale des observations (variables saisies et leur évolution).
L’objectif est de garantir une information homogène et fiable à l’échelle nationale.
Comment lire la carte Alerte Pucerons ?
La carte interactive présente l’ensemble des parcelles observées du réseau. Chaque point correspond à une parcelle suivie.
La couleur et la lettre affichées indiquent le niveau de risque et le nombre de traitements préconisés :
- T0 : seuil non atteint,
- T1 : seuil atteint, premier traitement à réaliser ou déjà réalisé,
- T2 : seuil atteint, deuxième traitement à réaliser ou déjà réalisé,
- T3 : seuil atteint, troisième traitement à réaliser ou déjà réalisé,
- T4 : seuil atteint, quatrième traitement à réaliser ou déjà réalisé.
Le survol d’un point permet d’obtenir davantage d’informations sur la situation locale : la commune, la date, le stade des betteraves, et l’avancement des traitements.
L’outil ne remplace toutefois pas l’observation de terrain : l’ITB rappelle que toute intervention doit être précédée d’une vérification du seuil dans la parcelle concernée.
Un outil d’aide à la décision pour intervenir au bon moment
Alerte Pucerons permet d’anticiper les périodes à risque et d’éviter les interventions systématiques. L’objectif est de positionner les traitements uniquement lorsque le seuil est atteint.
Depuis 2026, les seuils de traitements évoluent pour mieux prendre en compte la présence de pucerons noirs, vecteurs secondaires de ce virus :
- pucerons verts uniquement (Myzus persicae) : 10 % de plantes colonisées par un aptère,
- pucerons verts et noirs (Aphis fabae) présents en même temps : 10 % de plantes colonisées par l’un ou par l’autre.
Grâce à ce suivi collectif, les agriculteurs disposent d’une vision régionale de la dynamique des pucerons et peuvent adapter leur surveillance selon la situation locale.
Ayez le réflexe Alerte Pucerons !










