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Risque jaunisse : ce que révèle l’enquête 2025

Une enquête menée sur 111 couples de parcelles révèle que la qualité d’implantation de la betterave a joué un rôle majeur dans l’expression de la jaunisse, ainsi que la protection aphicide.

Afin de mieux comprendre les différences d’intensité de jaunisse observées entre parcelles voisines, l’ITB, Tereos et Cristal Union ont conduit en 2025 une enquête portant sur 111 couples de parcelles contiguës ou très proches, l’une avec des symptômes importants de jaunisse, l’autre avec des symptômes limités voire absents. Ces couples de parcelles sont répartis principalement dans les Hauts-de-France et en Champagne. L’objectif : identifier les facteurs de risque associés à une expression accrue de la jaunisse virale.

 

Effets de la date de semis et des conditions de levée

 

L’analyse met en évidence que les parcelles les plus symptomatiques ont souvent été semées plus tard que leur voisine du même couple. Globalement, les semis d’avril ont été pénalisés par rapport aux semis de mars.

 

Le critère le plus discriminant est la qualité de la levée des betteraves et la vitesse de développement végétatif au printemps. Mauvaise levée, pertes de pieds ou hétérogénéité à l’implantation sont surreprésentées dans les parcelles les plus symptomatiques. Les difficultés de croissance au printemps, liées à une mauvaise implantation, sont systématiquement pénalisantes. Un couvert hétérogène modifie la perception visuelle des pucerons ailés, qui sont davantage attirés par la parcelle.

 

Peu d’effet de l’interculture et de l’environnement proche

 

L’enquête s’est également penchée sur les couverts d’interculture implantés avant la betterave, notamment radis et moutarde en tant qu’hôtes de pucerons verts Myzus persicae, et phacélie en tant qu’hôte de pucerons et de virus. Le type de couvert n’explique pas les différences de symptômes dans les binômes de parcelles d’après les résultats de l’enquête. De la même manière, la présence ou l’absence d’infrastructures agroécologiques (haies, talus, bandes fleuries) ou de cultures hôtes de pucerons en bordure (betterave, colza, pomme de terre) ne s’avère pas discriminante.

 

Programmes aphicides : efficacité dépendante du respect des bonnes pratiques

 

Concernant les programmes aphicides, les données montrent que, dans la majorité des cas, les agriculteurs utilisent les produits recommandés Teppeki ou Movento. Néanmoins, dans 28 % des couples, les parcelles les plus atteintes ont été traitées avec des produits non conseillés, notamment à base de pyréthrinoïdes.

 

Sur les parcelles avec de bonnes conditions de croissance au printemps, l’analyse met aussi en évidence un effet du nombre de traitements. Les traitements T1 réalisés tardivement en mai sont souvent associés à davantage de symptômes. Le cadencement entre les deux premiers traitements montre une variabilité plus étalée dans les parcelles les plus symptomatiques, avec 25 % de parcelles ayant reçu un T2 appliqué 25 à 35 jours après le T1. Dans les parcelles présentant peu ou pas de symptômes, le délai moyen entre le T1 et le T2 est de 15 jours. Le mélange aphicide/herbicide, pratique fréquente en betterave, n’influence pas la performance de la protection.

 

En résumé :

 

  • L’implantation et la qualité de levée constituent le principal facteur explicatif des différences de jaunisse observées dans les situations étudiées en 2025.
  • Ces résultats confirment la nécessité d’optimiser le positionnement des traitements aphicides recommandés par la filière.
  • Les autres éléments, couverts d'interculture, environnement, cultures voisines, ont joué un rôle secondaire, voire négligeable dans le contexte de l’année.
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