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Gestion prophylactique de la jaunisse : quand et comment agir ?

La lutte contre la jaunisse repose sur 3 piliers complémentaires : la gestion prophylactique, une surveillance rigoureuse des parcelles et des moyens de lutte en végétation. La prophylaxie, c’est « prévenir plutôt que guérir », c'est-à-dire réduire les réservoirs de pucerons et de virus présents dans l’environnement avant l’implantation des betteraves. Alors, comment casser efficacement les cycles biologiques des pucerons et des virus ?

Après l’enlèvement des betteraves :

Recommandation : Epandre les cordons de déterrage dans une parcelle qui n’est pas destinée à recevoir des betteraves au printemps suivant puis les enfouir. Pour des enlèvements tardifs, il est également possible de rassembler les andains de déterrage et de bâcher le tas de terre.

Pourquoi ?

Si la parcelle de betterave était contaminée par la jaunisse, les repousses sur les tas de terre deviennent des réservoirs viraux capables d’attirer les pucerons au printemps. Une fois infectés, les pucerons vont migrer sur une parcelle de betterave.

A noter : la destruction des repousses de betteraves après récolte permet de gérer d’autres bioagresseurs : réduction de l’inoculum de cercosporiose, réduction des populations de teignes qui peuvent passer l’hiver sous forme de chrysalides sur des betteraves.

En fin d’hiver :

Recommandation : Détruire les couverts d’interculture contenant des crucifères, de la phacélie ou de la féverole avant fin février. 

Pourquoi ?

Ces couverts sont des réservoirs de pucerons et/ou de virus de la jaunisse :

  • Crucifères (moutarde, radis) : hôte du puceron vert Myzus persicae
  • Phacélie : hôte de Myzus persicae et réservoir viral (BYV et BtMV) à ne pas négliger.
  • Féverole : hôte principal d’Aphis fabae et réservoir viral (BtMV)

Avant les semis de betteraves :

Recommandations :

  • Surveiller les cordons de déterrage qui n’ont pas été épandus à l’automne. En présence de repousses, il est indispensable de les éliminer : retournement mécanique, bâchage, destruction chimique avec du glyphosate dans le respect de la réglementation.
  • Les silos de betteraves fourragères doivent être surveillés avec la même attention.
  • Surveiller les repousses dans la culture qui suit la betterave. Les situations de TCS sont particulièrement à risque. En présence de repousses, utiliser un herbicide anti-dicotylédone adapté.
  • Soigner la préparation de sol avant le semis des betteraves : les parcelles qui présentent une implantation lente des betteraves et de plantules peu vigoureuses attirent les pucerons.

Focus sur la zone de production de betteraves porte-graines :

En Beauce, la proximité entre cultures de betteraves entraîne une continuité des cycles de contamination.

Recommandation :

Éviter l’implantation de betteraves sucrières à proximité immédiate de parcelles de betteraves porte-graines. Les études menées dans le cadre du PNRI montrent qu’au-delà d’un kilomètre, des symptômes sont présents mais souvent moins sévères.

Pourquoi ?

Les betteraves (sucrières, fourragères, potagères, porte-graines, sauvages) sont réservoirs des 4 virus de la jaunisse (BYV, BMYV, BChV, BtMV). La séparation des cultures limite les flux de pucerons et la circulation virale.

Pour être efficaces, les mesures de gestion prophylactique doivent être appliquées partout et par tous.

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