Rappel sur l’itinéraire technique
Plusieurs espèces de plantes compagnes ont été testées, et les graminées comme l’avoine rude et l’orge de printemps sont celles qui sont les plus adaptées à l’itinéraire technique de la betterave. La féverole est également une option intéressante dans les secteurs où la problématique de graminées adventices résistantes est forte.
Le semis des plantes compagnes nécessite une intervention de semis supplémentaire, en plein ou localisée dans l’inter-rang, au moment du semis des betteraves. La densité de semis visée des graminées est de 75 grains/m², et celle de la féverole est de 20 grains/m², pour obtenir une population suffisamment dense pour perturber les pucerons. La destruction des graminées est à réaliser au stade 4 feuilles des betteraves pour les graminées, avec un anti-graminées classique. La période de destruction doit impérativement être respectée pour limiter la concurrence entre les plantes compagnes et les betteraves, qui peut conduire à des pertes de rendement importante en cas d’intervention tardive. L'effet des plantes compagnes sur les pucerons se maintient plusieurs jours après l'application de l'herbicide.
Moins de pucerons verts par betterave
Les principales espèces de plantes compagnes testées, présentées dans le graphique ci-dessous, affichent toutes une efficacité contre les pucerons verts aptères. L’avoine rude et l’orge de printemps se distinguent toutefois par les meilleurs résultats. Ce sont également les espèces les plus évaluées, en lien avec la gestion de l’itinéraire technique évoquée précédemment. En l’absence de protection aphicide, l’efficacité de l’avoine rude varie de 46 à 62 %, tandis que celle de l’orge de printemps se situe entre 47 et 68 %. Les performances des deux espèces étant très proches, aucune n’est à privilégier : le choix peut notamment dépendre de la disponibilité en semences de ferme.
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Intervalles d’efficacité des solutions testées sur les Fermes Pilotes d’Expérimentation du PNRI de 2021 à 2025, 14 jours après l’atteinte du premier seuil d’intervention (T1), par rapport au témoin non traité. Le nombre d’essais inclus dans l’analyse apparaît en vert. Le nombre moyen de pucerons verts pour 10 betteraves est indiqué en bleu. Lorsque la barre horizontale de chaque solution croise la barre verticale grise pointillée alors son efficacité n’est pas significative. Ce graphique ne permet pas de comparer les solutions testées entre elles.
L’association de l’avoine rude ou de l’orge de printemps à l’aphicide de référence (Teppeki) montre une efficacité supérieure à l’aphicide seul. Les plantes compagnes sont donc intéressantes dans le cas d’une infestation précoce de pucerons dans la parcelle, car elles vont permettre de réduire davantage les populations de pucerons et leur dynamique. Attention, sur ce graphique le Teppeki affiche une efficacité plus faible que communiquée dans d’autres articles parce que son efficacité est mesurée 14 jours après l’application. À cette période, le produit est en fin de rémanence et les pucerons peuvent recoloniser la parcelle par de nouveaux vols. L’efficacité du Teppeki est comprise entre 70 et 84 % lorsqu’elle est évaluée 7 jours après application.
Et moins de symptômes de jaunisse
L’efficacité des plantes compagnes vis-à-vis de la jaunisse a principalement été évaluée pour les graminées (avoine rude et orge de printemps) en situation non traitée. Elle a été estimée à partir de l’intensité des symptômes observés dans la zone témoin selon deux catégories : inférieure à 2 (faible pression jaunisse) et supérieure ou égale à 2 (forte pression). Les essais présentant moins de 10 % de jaunisse dans cette zone ont été exclus de l’analyse.
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Efficacité (%) de l'avoine rude et de l'orge de printemps sur les symptômes de jaunisse, en fonction de l'intensité de la maladie estimée dans le témoin non traité de l'essai.
Les résultats des cinq années d’essais montrent que les graminées en plantes compagnes permettent une réduction des symptômes d’autant plus importante que l’intensité de la maladie dans la parcelle est élevée. En effet, lorsque la sévérité de la jaunisse est inférieure à 2 (soit inférieure à 20 %), la baisse des symptômes liée à la présence des graminées est de 26 % avec une forte variabilité dans les résultats obtenus. Lorsque la sévérité est supérieure ou égale à 2, l’efficacité moyenne est de 45 %, avec plus de la moitié des situations pour lesquelles l’efficacité moyenne est supérieure à 25 %.
Impact sur le rendement betteravier
Les plantes compagnes sont présentes en début de cycle de la betterave sucrière, et peuvent concurrencer les betteraves pour les ressources si elles sont maintenues trop longtemps. Dans le cadre du PNRI, plusieurs stades de destruction ont été testés, le stade servant à l’évaluation étant celui de la betterave. Pour les espèces graminées (avoine rude et orge de printemps), la perte de rendement est d’autant plus importante que la destruction des plantes compagnes a été réalisée tardivement. En effet, si une graminée est détruite au-delà du stade 8 feuilles des betteraves, la perte de rendement moyenne est de 18 %. Une destruction plus précoce permet de réduire l’impact sur le rendement des betteraves, avec une perte de 1 % pour une destruction au stade 4 feuilles des betteraves. Selon les conditions de l’année, une destruction au stade 6 feuilles est envisageable sans perte de rendement significative. En particulier, un printemps humide limitera l’impact de la concurrence sur le rendement betteravier.
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Perte de rendement (%) observée due à la concurrence avec l'avoine rude et l'orge de printemps en plantes compagnes, en fonction du stade des betteraves lors de la destruction.









