Rhizopus : une infestation inégalée en 2026
La succession d'épisodes caniculaires associés à un stress hydrique sans précédent a entrainé le développement du rhizopus sur près de 36 % des parcelles betteravières au 20 octobre, avec une gravité évoluant de quelques pourcents à 70 % de la surface parcellaire touchée, avec une moyenne à 11 %. C'est surtout la moitié sud de la zone de production qui est touchée.
Les premiers symptômes ont été observés dans le réseau dès le 29 juin dans une parcelle de la Marne. Les observations se sont multipliées ensuite début juillet et tout au long de l'été. Ce champignon est favorisé par des épisodes caniculaires et un stress hydrique. Il pénètre dans la racine par des micro-lésions conséquences du stress climatique et favorisées par des brûlures dues au rayonnement, ou par des blessures d'insectes, et il entraine la mort des cellules dont il se nourrit. Plus d'informations sur ce champignon sont disponibles dans la nouvelle fiche bioagresseur consacrée au Rhizopus.
L'attaque de cette année est inégalée par son ampleur (nombre de parcelles touchées, surface concernée dans les parcelles, et multiples localisations) ainsi que par sa précocité. Les deux autres attaques majeures observées en France en 2003 et 2006 étaient localisées surtout en Côte d'Or. Ces dernières années la maladie n'avait été observée qu'en 2ème quinzaine de juillet au plus tôt, avec une gravité en moyenne à moins de 3 % de surface parcellaire touchée.
Comparaison des 1ères observations de Rhizopus dans le réseau :
Comparaison du pourcentage de surface parcellaire touchée par le Rhizopus dans le réseau :
La cercosporiose, apparue tôt, a été freinée dans son développement par le stress hydrique et les températures caniculaires
Si les premiers symptômes ont été observés au 15 juin en région Centre, puis en Ile-de-France et en Champagne, la maladie s'est ensuite peu développée, en lien avec l'absence d'humidité, y compris à l'aube, et / ou à la défoliation des betteraves du fait du stress hydrique.
Comparaison pluriannuelle des dates de premières observations de la cercosporiose :

Cependant la région Centre fait exception puisqu'à la suite d'orages certaines parcelles ont vu leur protection renouvelée début juillet. Les parcelles irriguées ont connu une progression lente de la maladie tout au long de l'été. Les deuxièmes interventions dans l'ensemble des autres régions s'échelonnent de la mi-juillet à la mi-septembre, avec une recrudescence de la pression fin août (semaine 35) avec le retour d'un peu plus d'humidité.
Répartition hebdomadaire du pourcentage de feuilles atteintes par la cercosporiose en 2026 :

La semaine 27 correspond à celle du 1er juillet, la semaine 31 celle du 1er aout, et la semaine 36 au 1er septembre.
La protection a pu être renouvelée une 3ème voire une 4ème fois sur les parcelles ayant connu des passages orageux ou quelques pluies, surtout au nord des zones betteravières. Au final, le facteur limitant cette année aura été l'absence d'humidité dans les parcelles. De plus, aucune sporulation n'a lieu pour des températures supérieures à 38°C (plus d'informations dans la fiche bioagresseur sur la cercosporiose).
Étalement en 2026 des dates de déclenchement des interventions fongicides en fonction des seuils :

Oïdium : moins nocif ces dernières années
Cette année si l'oïdium est apparu dans plusieurs sites, seuls 4 sites ont atteint le seuil de déclenchement pour cette maladie, dont un seul pour de l'oïdium seul, les 3 autres concomitants avec la cercosporiose.
Répartition hebdomadaire du pourcentage de feuilles atteintes par l'oïdium en 2026 :

L'oïdium est très peu observé ces dernières années et entraine très peu d'interventions fongicides.
Comparaison pluriannuelle du pourcentage de betteraves touchées par l'oïdium dans le réseau :
La rouille, très contenue cette année
La rouille est apparue fin juin dans de nombreux sites, mais ne s'est plus développée par la suite dans les sites n'ayant pas été arrosés par des orages ou irrigués. De plus, les températures caniculaires lui sont défavorables. Cette année est celle où elle s'est le moins développée, touchant moins de 50 % des parcelles et 7 % des betteraves en moyenne.
Ramulariose : une maladie de moins en moins observée et impactante
La ramulariose est de moins en moins présente dans les parcelles betteravières, y compris cette année : elle s'est développée dans 20 % des parcelles, touchant en moyenne 4 % des betteraves.
Comparaison pluriannuelle du pourcentage de betteraves touchées par la ramulariose dans le réseau :
Suivre pour mieux gérer
Le réseau d'épidémiosurveillance permet de suivre les bioagresseurs grâce à l'observation de 200 à 300 parcelles betteravières. Grâce à la mobilisation de près de 80 observateurs appartenant à une quarantaine de structures, les animateurs régionaux publient chaque semaine l'état de santé des betteraves dans les Bulletins de Santé du Végétal (BSV). De plus, ces données saisies dans l'outil inter-institut Vigicultures® alimentent en temps réel les outils Alerte de l'ITB. Toutes les synthèses sanitaires sont compilées dans les Tours de plaine.














