ITB Institut Technique de la betterave

 Accueil / Tous les articles / Article

Bilan 2026 : les ravageurs marquants d'une année exceptionnellement chaude

Les données d'épidémiosurveillance permettent de caractériser la pression de l'année sur divers ravageurs.

Les pucerons ont déjà fait l'objet d'un article séparé à retrouver ici.

 

Forte pression des altises dès avril 

 

Les altises ont cette année commencé à infester les parcelles à partir de fin mars, avec un pic la deuxième quinzaine d'avril, en lien avec les conditions sèches et ensoleillées. Au final, 63 % des parcelles betteravières ont été touchées, avec en moyenne 42 % des betteraves atteintes. Les gravités les plus importantes ont été notées en région Champagne ainsi qu’au sud de Paris, avec des parcelles entièrement affectées. Cependant, dans les zones les plus infestées, la pression des altises a perduré jusqu’à la fin aout, entrainent un retard de développement et un affaiblissement des betteraves. Les sites touchés sont cette année deux fois plus nombreux que la moyenne pluriannuelle de même que le pourcentage de sites ayant atteint le seuil d'intervention. 

 

Évolution hebdomadaire de l'infestation des altises dans les parcelles d'épidémiosurveillance :

 

 

La ligne droite à 30 % de betteraves avec dégâts d'altises représente le seuil d'intervention. 

 

Comparaison de l'infestation maximale par les altises dans les parcelles d'épidémiosurveillance :

 

 

Comparaison de l'atteinte du seuil d'intervention selon la fréquence des altises dans les parcelles d'épidémiosurveillance :

 

 

Présence ponctuelle de pégomyies en mai 

 

La présence de pégomyies a été observée dès fin avril, et tout au long du mois de mai, atteignant le seuil dans 12 % des parcelles touchées, en mai en Champagne, en juin dans les autres parcelles. Mais le développement des générations suivantes de pégomyies a été limité par les températures canicules, les oeufs et les larves nécessitant des températures inférieures à 25°C. 

 

Comparaison de l'atteinte ou non du seuil d'intervention selon la fréquence des pégomyies dans les parcelles d'épidémiosurveillance :

 

 

Attaques inédites de cassides 

 

Les cassides sont favorisées par des orages de printemps associées à des températures chaudes. Elles ont commencé à attaquer les betteraves à partir du 26 mai. Elles ont atteint cette année 20 % des parcelles suivies dans le réseau d'épidémiosurveillance, touchant en moyenne 21 % des betteraves. Les parcelles les plus infestées sont concernées à plus de 90 %. Les dégâts de cassides peuvent être confondus avec des dégâts d'altises. C'est leur forme et leur taille qui permet de les différencier : les cassides entrainent des perforations rondes, de la taille d'une tête d'épingle, alors que les altises entrainent des perforations irrégulières de 1 à 2 mm. De plus, la larve de casside est reconnaissable à sa forme aplatie, allant du vert au marron selon les espèces. 

 

Comparaison de l'infestation maximale par les cassides dans les parcelles d'épidémiosurveillance :

 

 

Quelques dégâts de noctuelles défoliatrices 

 

Les premiers dégâts de noctuelles défoliatrices sont observés à partir du 11 mai dans les parcelles, mais c'est surtout en juin qu'elles se développent avant d'être ralenties par les conditions caniculaires. Les larves sont défavorisées par des températures supérieures à 30°C. Les noctuelles ont été observées dans 65 % des parcelles, touchant en moyenne 18 % des betteraves. 

 

Évolution hebdomadaire de l'infestation des larves de noctuelles dans les parcelles d'épidémiosurveillance :

 

La ligne droite à 50 % de betteraves avec dégâts de noctuelles défoliatrices représente le seuil d'intervention. 

 

Comparaison de l'infestation maximale par les noctuelles défoliatrices dans les parcelles d'épidémiosurveillance :

 

 

Les teignes favorisées par les canicules

 

 Les premiers dégâts de teignes ont été observés dès la fin juin, mais c'est surtout à partir de la mi-juillet avec les conditions caniculaires et sèches qu'elles se sont développées. Elles ont atteint 68 % des parcelles betteravières, avec 41 % des betteraves infestées et atteignant le seuil dans les 3/4 des parcelles infestées. Même si l’ensemble des départements betteraviers a été concerné, la pression s’avère la plus forte dans un croissant allant du sud de Paris jusqu’au nord de la Champagne. 

 

Évolution hebdomadaire de l'infestation des chenilles de teignes dans les parcelles d'épidémiosurveillance :

 

 

La ligne droite à 10 % de betteraves avec dégâts frais et chenilles de teignes représente le seuil d'intervention. 

 

Comparaison de l'atteinte ou non du seuil d'intervention selon la fréquence des teignes dans les parcelles d'épidémiosurveillance :

 

 

Une attaque inégalée des charançons 

 

Les conditions chaudes et sèches ont été favorables aux pontes des charançons qui ont touché 70 % des parcelles du réseau, et en moyenne 53 % des betteraves. C'est la plus forte attaque depuis 2018, date à laquelle les charançons ont commencé à être observés au sud de Paris.  De plus, les larves ont migré dans la racine en lien avec l'absence de pluie et les défoliations liées au stress hydrique. Ce sont 63 % des parcelles qui observent des galeries de charançons dans les racines, avec en moyenne 40 % des betteraves touchées. C'est aussi la plus forte infestation depuis 2019 (année à partir de laquelle on a ajouté cette variable dans le protocole). Mais cette pression est fortement régionalisée : les infestations les plus fortes concernent le sud de Paris, le sud de la Champagne et l’Alsace.

 

Comparaison des périodes de première observation des piqures de charançons (pontes) dans les parcelles d'épidémiosurveillance :

 

 

Comparaison du pourcentage maximum de betteraves avec galeries de charançons dans les parcelles d'épidémiosurveillance :

 


Suivre pour mieux gérer 

 

Le réseau d'épidémiosurveillance permet de suivre les bioagresseurs grâce à l'observation de 200 à 300 parcelles betteravières. Grâce à la mobilisation de près de 80 observateurs appartenant à une quarantaine de structures, les animateurs régionaux publient chaque semaine l'état de santé des betteraves dans les Bulletins de Santé du Végétal (BSV). De plus, ces données saisies dans l'outil inter-institut Vigicultures® alimentent en temps réel les outils Alerte de l'ITB. Toutes les synthèses sanitaires sont compilées dans les Tours de plaine. 

Remonter en haut de la page

Agrément conseil de l’ITB à l’utilisation des produits phytosanitaires n° 7500002.
Assurance RC n° 05421646Y/1025.
Le portail EcophytoPIC recense les techniques alternatives à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.


Organisme agréé Crédit d'impôt Recherche


L'Institut Technique de la Betterave est
membre du réseau Acta

Institut Technique Agricole Qualifié
par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation