Les températures restent élevées et le stress hydrique continue de se creuser, comme ici à Saint-Quentin (02).
Sur la même station de Saint-Quentin, les prévisions probabilistes pour les 15 prochains jours n'annoncent pas de pluies avant mi-Août, et en très faible quantité. Le graphique ci-dessous est établi avec le modèle IFS-EPS proposé par le Centre européen de prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF). Il faudra également attendre la mi-août pour voir les températures baisser.
Les bioagresseurs favorisés par le temps chaud et sec continuent leur progression, profitant de betteraves affaiblies par la chaleur et le manque d’eau. Le graphique ci-dessous présente l'évolution des principaux bioagresseurs de l'année au niveau national.
Hauts-de-France
La pression de cercosporiose progresse peu cette semaine en raison du déficit hydrique, même si plusieurs parcelles atteignent les seuils de première ou de deuxième intervention. La situation reste toutefois très variable d’une parcelle à l’autre et justifie des observations régulières.
Les symptômes de jaunisse demeurent limités, le plus souvent sur de faibles surfaces. Des galeries de charançons sont signalées dans l’Oise et la Somme, tandis que les dégâts de teignes et de noctuelles restent globalement sous les seuils de risque.
Normandie
Sur les 14 parcelles suivies, la cercosporiose reste la principale maladie observée. Le premier seuil de risque (T1) est fréquemment atteint, avec 100 % des parcelles concernées en Seine-Maritime et 75 % dans l’Eure. Toutefois, les conditions sèches limitent son évolution et la situation demeure globalement stable.
L’oïdium et la rouille restent ponctuels. Les dégâts de noctuelles défoliatrices persistent mais le risque est désormais faible, la présence de chenilles diminuant en fin de cycle. En parallèle, le charançon Lixus juncii est régulièrement observé dans l’Eure, avec des larves présentes dans les racines, favorisant les blessures susceptibles de faciliter le développement de champignons tels que le Rhizopus.
Centre-Val de Loire
Le stress hydrique continue de marquer fortement les cultures et devrait se poursuivre avec le retour de fortes chaleurs annoncé. L’état de la végétation se dégrade dans les parcelles conduites en sec, avec une présence croissante de rhizopus sur les betteraves les plus fragilisées.
La cercosporiose évolue lentement, principalement dans les parcelles irriguées, tandis que les symptômes de jaunisse semblent se stabiliser, même si leur observation est rendue difficile par la sécheresse. Les charançons Lixus juncii restent le principal point de vigilance : les émergences de jeunes adultes sont nombreuses et les larves présentes dans les collets augmentent le risque de pourritures. Les dégâts de teignes atteignent le seuil de risque dans un peu plus d’un quart des parcelles observées.
Île-de-France
La sécheresse continue d’affecter les betteraves, avec une baisse de la couverture du sol et une dégradation progressive du feuillage. L’observation de la jaunisse devient plus difficile, alors que les symptômes restent présents dans les parcelles suivies.
Les teignes constituent le principal facteur de risque, avec une forte activité des papillons et de nombreuses parcelles dépassant le seuil d’intervention. Les charançons restent très présents, accompagnés d’une hausse marquée du rhizopus dans plusieurs parcelles.
En revanche, la situation demeure relativement stable pour la cercosporiose, dont le risque est jugé moyen, tandis que la rouille, l’oïdium et la ramulariose sont peu présents.
Champagne
Les symptômes de jaunisse sont signalés dans 83 % des parcelles du réseau, bien que le stress hydrique puisse encore masquer une partie des symptômes.
Les migrations de larves de Lixus juncii vers les racines se poursuivent, tandis que les symptômes de Rhizopus progressent dans un contexte de fortes chaleurs. La pression des teignes augmente également : près des deux tiers des parcelles concernées ont atteint le seuil indicatif de risque.
Enfin, la cercosporiose reste la maladie foliaire dominante, mais son évolution demeure limitée par l’absence d’humidité, malgré un seuil T1 désormais atteint dans la majorité des parcelles du réseau.
Observations réalisées dans le cadre de la Surveillance Biologique du Territoire (SBT), données saisies dans l’outil inter-institut Vigicultures®, validées par les animateurs de la filière et publiées dans les Bulletins de Santé du Végétal (BSV).











