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Tour de plaine - 10 septembre 2026

Au fil de la campagne, l'ITB compile les observations issues du réseau d'épidémiosurveillance pour présenter l’état sanitaire des betteraves. Les données publiées sont issues des observations saisies dans Vigicultures et de l'expertise terrain de l'ITB. Retrouvez ce point au 10 septembre 2026 :

Le sud et l’est de la zone de production sont les secteurs les plus durement touchés par le stress hydrique. Depuis le début du mois de juillet, le bilan hydrique atteint son niveau le plus faible des 15 dernières années et le déficit n’a fait que s’accentuer comme le montre le bilan ci-dessous établi à Orléans.

Bilan hydrique (P-ETP) cumulé depuis le 1er juin sur la station d'Orléans. Courbe bleu : 2026, noire : médiane, enveloppe gris clair : min-max, enveloppe gris foncé : quantile 12,5 à 87,5 %. Analyse fréquentielle 2010-2025.

Plus au nord, les précipitations enregistrées à la fin du mois d'août, bien que variables selon les secteurs, ont permis une légère amélioration de la situation, avec un niveau de bilan hydrique désormais comparable à celui observé en 2022 (dernière année la plus sèche sur cette zone géographique), comme le montre le bilan ci-dessous sur la station d’Arras.

Bilan hydrique (P-ETP) cumulé depuis le 1er juin sur la station d'Arras. Courbe bleu : 2026, noire : médiane, enveloppe gris clair : min-max, enveloppe gris foncé : quantile 12,5 à 87,5 %. Analyse fréquentielle 2010-2025.

Les conditions de sécheresse ont favorisé la présence de chenilles de teignes entrainant des blessures au niveau du collet et de larves de charançon Lixus junci dans la racine.

Les différents épisodes de canicule ont également créé des conditions particulièrement favorables au développement de Rhizopus, un champignon du sol responsable de la pourriture de la betterave. Le stress hydrique et les blessures causées par les ravageurs ont facilité l'infection des plantes : le champignon pénètre par les tissus lésés puis colonise rapidement le tubercule. Des microlésions telles que celles entraînées par une croissance irrégulière sont suffisantes pour faciliter la pénétration du champignon. Parmi les espèces concernées, Rhizopus arrhizus, champignon thermophile, profite particulièrement des températures caniculaires observées cet été.

Les biomasses foliaires estimées par satellite grâce à l’indice NDVI ont des niveaux très faibles en 2026. Le graphique ci-dessous montre que le volume foliaire a commencé à diminuer dès la fin du mois de juin avant de se stabiliser à son niveau le plus bas des huit dernières années.

NDVI calculé sur les images satellites des parcelles du réseau d'épidémiosurveillance

La situation reste variable selon les départements : l’Yonne, l’Essonne, la Seine-et-Marne et l’Aube ont les NDVI les plus bas, tandis que les parcelles irriguées du Centre-Val de Loire, le Nord et la Seine-Maritime ont un NDVI plus proche de 2025.

La situation sanitaire par région est détaillée ci-dessous.

Hauts-de-France

La cercosporiose continue sa progression, favorisée par les températures plus fraîches et les précipitations. Sur les 31 parcelles observées, 2 % restent sans protection, 23 % sont au niveau T1, 44 % au T2 et désormais 31 % au T3. La situation est hétérogène d'une parcelle à l'autre et doit être appréciée en fonction de la date de récolte et de la sensibilité variétale. 

Les autres ravageurs sont peu préoccupants : la teigne n'est signalée que dans une parcelle, sous le seuil, et les noctuelles dans 9 parcelles sans dépassement du seuil. 

Les symptômes de jaunisse sont en revanche désormais signalés dans 1/3 des parcelles, sur des surfaces majoritairement faibles.

Normandie

La cercosporiose progresse nettement, en particulier en Seine-Maritime où les cinq parcelles suivies présentent des symptômes et où 75 % des parcelles ont atteint le seuil T2. Dans l’Eure, la pression est plus hétérogène mais 40 % des parcelles ont également atteint ce seuil.

Les teignes restent surtout préoccupantes dans l’Eure, où 60 % des parcelles du réseau dépassent le seuil indicatif de risque.

Les charançons Lixus juncii sont fréquents dans l'Eure, avec certaines parcelles très fortement touchées, jusqu’à plus de 90 % de betteraves présentant des galeries dans la racine. Le Rhizopus est également régulièrement observé, principalement sur des betteraves souffrant des conditions climatiques, tandis que la jaunisse reste le plus souvent limitée à moins de 10 % de la surface parcellaire, même si certaines situations atteignent 20 à 30 %.

Centre-Val de Loire

Les conséquences du stress hydrique restent visibles malgré la baisse des températures, tandis que le Rhizopus poursuit sa progression. Parmi les 8 parcelles observées, 4 présentent des symptômes de mortalité, avec 1 à 64 % des plantes touchées. 

La pression teigne reste élevée et progresse légèrement : 61 % des 18 parcelles suivies présentent des dégâts frais au seuil de 10 %. Cette pression est élevée par rapport aux deux dernières années. Il faut remonter à 2022 pour retrouver une présence aussi importante de ce parasite début septembre. 

La jaunisse évolue peu, mais elle est observée dans les 11 parcelles suivies, avec 5 % de surface touchée en moyenne.

Île-de-France

La pression teigne reste très élevée : 18 des 19 parcelles renseignées présentent des dégâts frais et 16 dépassent le seuil indicatif de risque, avec jusqu’à 100 % de plantes touchées.

Le Rhizopus est également très présent, signalé dans les 17 parcelles renseignées pour cette maladie, avec 1 à 40 % de surface parcellaire atteinte selon les situations.

Les charançons Lixus juncii sont largement observés, puisque 11 parcelles sur 12 présentent symptômes, pouvant concerner jusqu’à 100 % des betteraves.

Côté maladies foliaires, la cercosporiose progresse avec des conditions plus favorables : près d’un quart des parcelles restent indemnes, mais une parcelle a atteint le seuil d’un troisième traitement. La jaunisse est signalée sur les 3 parcelles renseignées, avec 0,5 à 5 % de surface touchée.

Champagne

Le stress hydrique continue de favoriser les ravageurs avec des symptômes visibles au collet. Du Rhizopus est également constaté dans 90 % des parcelles, avec jusqu'à 37 % de la surface parcellaire touchée. 

La pression des teignes reste très forte : les 21 parcelles observées présentent des symptômes, avec 42 % de plantes touchées en moyenne, et 90 % dépassent le seuil indicatif de risque. 

Les charançons restent également très présents : des galeries sont observées dans 62 % des parcelles suivies, avec 22 % de plantes touchées en moyenne. 

En revanche, la cercosporiose évolue peu : 18 parcelles restent au niveau T1, 7 sont au T2 et une au T3, les conditions sèches limitant actuellement sa progression. 

La jaunisse évolue également peu, mais des symptômes sont observés sur l'ensemble du réseau suivi, jusqu'à 15 % de la surface parcellaire dans les situations les plus touchées.

Alsace

Les symptômes du syndrome des basses richesses sont désormais bien visibles.


Observations réalisées dans le cadre de la Surveillance Biologique du Territoire (SBT), données saisies dans l’outil inter-institut Vigicultures®, validées par les animateurs de la filière et publiées dans les Bulletins de Santé du Végétal (BSV).

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