En cette fin août, le stress hydrique reste un facteur déterminant de l’état sanitaire des betteraves dans plusieurs régions. Il affecte la couverture foliaire et favorise l’expression de certains bioagresseurs. Tous les départements, sauf le Pas-de-Calais, enregistrent leur niveau de déficit hydrique le plus élevé des quinze dernières années, bien supérieur à 2022 en Picardie et 2018 dans les autres régions betteravières. Hormis quelques épisodes orageux localisés ayant pu occasionner des dégâts, seules les zones littorales ont bénéficié de précipitations significatives après la mi-août.
À l’échelle nationale, les observations réalisées à la mi-août font état d’un poids racinaire inférieur à la moyenne des cinq dernières années et d’un développement foliaire nettement en retrait. La succession des épisodes caniculaires et la sécheresse durable pourraient ainsi entraîner une baisse conséquente de la production nationale.
Les teignes maintiennent notamment une pression élevée, avec de nombreuses parcelles au-dessus du seuil indicatif de risque en Centre-Val de Loire, en Île-de-France, en Champagne, Eure et au sud de l'Oise. Les charançons restent également très présents avec des migrations de larves vers les collets et les racines. Dans ce contexte, le Rhizopus est régulièrement observé dans les parcelles les plus exposées au stress hydrique et aux températures caniculaires. La jaunisse est toujours signalée dans plusieurs réseaux régionaux, mais les surfaces touchées restent généralement limitées. Son observation est rendue difficile avec les pertes de feuilles et la sécheresse.
Le retour des pluies dans certaines régions est favorable au développement des maladies foliaires comme la cercosporiose et l'oidium. En Normandie comme dans les Hauts-de-France, les dernières observations montrent déjà une reprise de la maladie à la faveur du retour des précipitations. Les violents orages du 27 août, accompagnés localement de fortes précipitations, de grêle et de puissantes rafales de vent ont touché plusieurs bassins betteraviers. Des dégâts sur cultures sont déjà signalés localement, mais leur ampleur sur les parcelles de betteraves reste encore à évaluer.

Parcelle à Nangis après les orages du 27/08/26.
Une surveillance attentive des parcelles est donc indispensable.
Hauts-de-France
La baisse des températures et le retour des précipitations ont relancé la cercosporiose. Sur les 55 parcelles observées, 5 % restent sans protection, 33 % sont au T1, 55 % au T2 et 7 % au T3. La situation reste toutefois très hétérogène et nécessite une observation à la parcelle.
La jaunisse est signalée dans 4 parcelles du réseau de surveillance, sur des surfaces généralement limitées.
Les pégomyies et noctuelles restent sous les seuils indicatifs de risque.
Les teignes sont présentes dans 12 parcelles, dont 5, principalement dans l’Oise, atteignent le seuil de 10 % de plantes touchées. Des galeries de charançons sont également observées dans 3 parcelles.
Normandie
Le retour des précipitations accélère le développement de la cercosporiose. Sur les 16 parcelles observées, toutes présentent des symptômes, avec 1 à 32 % de feuilles touchées. La pression est plus marquée en Seine-Maritime, où 40 % des parcelles ont atteint le seuil T2, contre 10 % dans l’Eure.
Les autres maladies foliaires restent plus ponctuelles, même si un seuil T2 est atteint pour l’oïdium dans l’Eure.
Côté ravageurs, les noctuelles restent sous le seuil indicatif de risque. La pression des teignes se poursuit : 5 parcelles de l’Eure atteignent le seuil, avec 12 à 40 % de plantes touchées. Enfin, des pontes de charançons sont observées dans 6 parcelles et des galeries sont fréquemment signalées dans les collets dans l’Eure, ainsi que dans une parcelle de Seine-Maritime. Ces blessures, comme celles occasionnées par les teignes, constituent des portes d’entrée favorables au développement du Rhizopus.
Centre-Val de Loire
La jaunisse est observée dans 11 des 12 parcelles suivies, avec en moyenne 4 % de la surface touchée et une intensité qui reste stable. Le stress hydrique complique cependant les observations.
La pression des charançons demeure très élevée, les larves sont bien présentes dans les racines.
Le Rhizopus progresse également, avec 4 parcelles sur 13 présentant des mortalités et jusqu’à 44 % de plantes touchées dans les situations concernées.
La pression des teignes reste particulièrement forte : les 18 sites observés présentent des dégâts frais et 89 % atteignent le seuil indicatif de risque de 10 % de plantes touchées.
En revanche, la présence de noctuelles n’est pas signalée cette semaine.
Île-de-France
Le stress hydrique reste très marqué : près de la moitié des parcelles présentent au maximum 60 % de couverture du sol.
Les teignes constituent le principal point de vigilance. Le deuxième vol est intense et 22 des 24 parcelles renseignées présentent des dégâts frais, toutes au-dessus du seuil indicatif de risque.
Le Rhizopus est signalé dans 92 % des parcelles renseignées.
Les charançons restent également présents, avec des galeries observées dans l’ensemble des 13 parcelles suivies.
Concernant les maladies foliaires, la cercosporiose progresse de nouveau à la faveur de conditions météorologiques plus favorables : une parcelle dépasse le seuil T2 et une autre s’en approche. Le risque est qualifié de moyen pour la cercosporiose et de faible pour les autres maladies du feuillage.
Champagne
Le stress hydrique continue d’affecter la couverture foliaire, qui varie de 50 à 100 %.
La jaunisse est désormais signalée dans 19 des 20 parcelles observées, mais les surfaces touchées restent limitées, avec au maximum 10 % de la parcelle.
Les charançons sont présents dans 13 parcelles sur 14 : les migrations larvaires vers les racines concernent 9 parcelles et favorisent le développement de pourritures.
Le Rhizopus est observé dans 83 % du réseau, avec jusqu’à près de 30 % de la surface touchée.
La pression des teignes demeure très forte : les 26 parcelles observées présentent des symptômes et 88 % dépassent encore le seuil indicatif de risque, avec en moyenne 63 % de plantes touchées.
Côté maladies foliaires, 23 parcelles présentent de la cercosporiose, avec 1 à 24 % de feuilles touchées. Quatre parcelles ont atteint le seuil T2, dont deux nouvelles cette semaine. La progression reste contenue par le manque d’humidité, mais les passages pluvieux peuvent rapidement faire évoluer la situation, justifiant le maintien d’une surveillance attentive.
Alsace
Les charançons sont présents dans toutes les parcelles avec des larves dans les racines.
La cercosporiose continue son développement mais reste maîtrisée.
Les premiers symptômes de syndromes des basses richesses sont observés. La pression reste faible à date.
Observations réalisées dans le cadre de la Surveillance Biologique du Territoire (SBT), données saisies dans l’outil inter-institut Vigicultures®, validées par les animateurs de la filière et publiées dans les Bulletins de Santé du Végétal (BSV).








