La situation hydrique des betteraves continue de se dégrader. Le manque d'eau s'intensifie dans l'ensemble des zones de production, tandis que les fortes chaleurs favorisent le développement rapide des insectes ravageurs. Déjà fragilisées par la sécheresse, les betteraves deviennent plus vulnérables à ces attaques.
Le stress hydrique atteint désormais des niveaux exceptionnellement élevés, en particulier dans le sud du bassin de production, comme l’illustre les graphiques ci-dessous à Orléans. Depuis le 1er juin, le déficit en eau ne cesse de s'accentuer sous l'effet des faibles précipitations et des températures caniculaires, qui augmentent fortement l'évapotranspiration. Dans les secteurs plus au nord, le stress est moins marqué mais néanmoins de forte intensité.
Température moyenne depuis le 1er janvier et bilan hydrique (P-ETP) cumulé depuis le 1er juin :


Côté sanitaire, la principale menace est actuellement liée au charançon Lixus juncii. Les dégâts provoqués par cet insecte favorisent le développement du rhizopus, un champignon qui accentue les pertes. Les galeries présentes dans les collets atteignent un niveau historique.

Le détail de la situation sanitaire par région est précisé ci-dessous.
Hauts-de-France
Dans les Hauts-de-France, la progression de la cercosporiose ralentit sous l'effet du déficit hydrique, même si quelques parcelles atteignent les seuils. La rouille progresse sur le littoral nord.
Les symptômes de jaunisse restent généralement limités à de faibles surfaces. Les charançons, avec des larves dans les betteraves, sont signalés dans plusieurs secteurs de l'Aisne, de l'Oise et du Nord. Les teignes demeurent actives, les conditions sèches favorisent leur développement et plusieurs parcelles dépassent le seuil indicatif de risque.
Normandie
La pression des maladies foliaires reste dominée par la cercosporiose. Le seuil de risque T1 est désormais fréquemment atteint, avec des symptômes observés sur l'ensemble des parcelles suivies en Seine-Maritime et dans l'Eure. Toutefois, la progression de la maladie demeure lente en raison de conditions climatiques sèches peu favorables à son développement. L'oïdium et la rouille sont également présents, mais restent à des niveaux limités.
Dans l'Eure, le charançon Lixus juncii est souvent observé, avec des larves pouvant occasionner des galeries dans les racines et favoriser l'apparition de rhizopus sur les betteraves fragilisées par le stress hydrique. Les risques liés aux noctuelles défoliatrices, aux pégomyies et aux teignes demeurent globalement faibles à ce stade.
Centre-Val de Loire
Le stress hydrique reste le principal facteur limitant en Centre-Val de Loire. Les pertes de feuilles s'accentuent, notamment en culture non irriguée, où elles dépassent 50 %, favorisant également le développement du rhizopus.
La jaunisse est toujours présente dans la majorité des parcelles, mais son expression reste faible à modérée et devient plus difficile à apprécier sous l'effet de la sécheresse. Les attaques de charançons (Lixus juncii) sont importantes, avec l'émergence précoce d'adultes juvéniles et la migration des larves vers le collet, susceptible d'accentuer les risques de pourritures. La cercosporiose progresse lentement, principalement dans les parcelles irriguées.
Île-de-France
En Île-de-France, la sécheresse continue de marquer fortement la culture, avec une baisse de la couverture foliaire sur une partie importante du réseau d'observation, compliquant également l'évaluation de la jaunisse.
Les dégâts de teignes sont importants : la majorité des parcelles présentent des dégâts et plusieurs dépassent le seuil indicatif de risque malgré une légère baisse des captures de papillons. Les charançons sont largement présents et favorisent une augmentation marquée des cas de rhizopus, parfois avec des pertes importantes. Côté maladies foliaires, la cercosporiose demeure globalement stable, la moitié des parcelles étant encore indemnes, tandis que les autres maladies restent peu présentes.
Champagne
En Champagne, le niveau de couverture est très variable selon l'intensité du stress hydrique.
Les symptômes de jaunisse sont observés dans une grande partie du réseau, même si la sécheresse peut masquer leur expression. Les migrations de larves de charançons vers les racines sont désormais fréquentes et favorisent le développement du rhizopus, dont les signalements progressent. Les teignes exercent également une pression significative, tandis que l'absence d'humidité limite encore l'évolution de la cercosporiose.
Alsace
La situation sanitaire reste relativement stable : les attaques de charançons ne progressent plus et la pression de cercosporiose demeure contenue.
Après la vague de chaleur, le retour d'une météo plus fraîche et ponctuellement plus humide pourrait toutefois modifier l'évolution des maladies dans les prochaines semaines.
Observations réalisées dans le cadre de la Surveillance Biologique du Territoire (SBT), données saisies dans l’outil inter-institut Vigicultures®, validées par les animateurs de la filière et publiées dans les Bulletins de Santé du Végétal (BSV).









