Les conditions météorologiques, avec des températures élevées, associées à un fort ensoleillement, entrainent un fort stress hydrique pour les betteraves. Sur une grande partie du bassin betteravier, les valeurs d'évapotranspiration potentielle (ETP) dépassent 8 mm par jour, des niveaux rarement observés qui accentuent fortement le déficit hydrique des sols.
Dans les parcelles, les symptômes de stress hydrique deviennent visibles, notamment sur les sols les plus superficiels ou en l'absence d'irrigation, les betteraves présentent un flétrissement marqué du feuillage.

Parcelle de l'Yonne au 25 juin 2026
Si ces conditions se prolongent sans précipitations significatives, elles pourraient ralentir la croissance des racines. Les prochains jours seront donc déterminants pour l'évolution des cultures.
Une première série de tests ELISA réalisée sur des betteraves symptomatiques, prélevées sur l'ensemble du bassin betteravier et analysées par le laboratoire du Griffon, met en évidence la présence des virus de la jaunisse (BYV, polérovirus et virus de la mosaïque), en infection simple et/ou en co-infection. À ce stade, aucune distinction régionale ne peut être établie.

Hauts-de-France
Les observations confirment une situation sanitaire globalement maîtrisée sur le réseau. Les maladies foliaires restent absentes des 51 parcelles suivies, dans un contexte climatique peu favorable à leur développement.
Les premiers symptômes de jaunisse sont visibles dans 29 parcelles, contre 11 la semaine précédente. Les niveaux d'attaque demeurent toutefois très faibles, avec moins de 1 % de plantes concernées.
Les bioagresseurs demeurent également sous contrôle. Des pégomyies sont signalées dans dix parcelles, sans atteindre le seuil indicatif de risque. Les noctuelles défoliatrices sont observées dans onze parcelles, mais les dégâts restent limités et aucun dépassement du seuil de nuisibilité n'est constaté.
Normandie
Les observations montrent une situation globalement saine. Neuf parcelles sur dix sont indemnes de toute maladie. Seuls quelques cas isolés de cercosporiose et de rouille sont signalés, avec des fréquences limitées à 1 % des feuilles atteintes. Les températures élevées et le déficit hydrique limitent actuellement les risques de développement des maladies foliaires.
Les noctuelles défoliatrices restent peu présentes dans la région. Trois parcelles présentent des dégâts limités, très en dessous du seuil d'intervention. Le mildiou demeure observé ponctuellement sur certaines parcelles, sans progression notable depuis les premiers signalements de la fin mai.
Des symptômes de jaunisse virale sont recensés dans dix parcelles. Ils concernent principalement des plantes isolées ou de petits foyers représentant de 0,01 à 2 % de la surface. Si quelques situations plus marquées sont observées en dehors du réseau, la majorité des parcelles suivies ne montre pas d'évolution significative de la maladie à ce stade.
Centre-Val de Loire
Les températures élevées et l'absence de précipitations accentuent le déficit hydrique, notamment dans les sols superficiels, tandis que l'irrigation se poursuit lorsque cela est possible.
La jaunisse virale est désormais présente dans 95 % des parcelles observées. Toutefois, son intensité reste faible avec une gravité comprise entre 0,5 et 6 %. Les symptômes apparaissent plus précocement qu'en 2025 mais leur progression demeure lente.
La pression du charançon Lixus juncii reste élevée, avec des pontes observées dans 96 % des parcelles et plus d'une plante sur deux portant des piqûres en moyenne. Les conditions sèches restent favorables à ce ravageur, tandis que l'irrigation contribue à limiter son développement lorsqu'elle est possible. Les pégomyies sont présentes dans 30 % des parcelles mais restent largement sous le seuil de risque. Les captures de teignes progressent, même si les premières chenilles ne sont observées que ponctuellement. Les noctuelles défoliatrices sont signalées dans une parcelle sur deux, mais une seule dépasse actuellement le seuil de nuisibilité.
Concernant les maladies du feuillage, la cercosporiose progresse doucement avec cinq parcelles ayant atteint le seuil de nuisibilité. Toutefois, les conditions météorologiques actuelles demeurent défavorables à son développement, comme à celui de la rouille, observée seulement dans deux parcelles. La vigilance devra être renforcée en cas de retour de conditions plus humides ou d'épisodes orageux.
Île-de-France
Les betteraves ont atteint le stade de couverture complète sur l'ensemble des parcelles suivies. Les symptômes de jaunisse continuent de progresser puisque 85 % des parcelles renseignées présentent désormais des foyers, allant de quelques plantes isolées jusqu'à 10 % de la surface touchée dans les situations les plus marquées.
Les captures de teignes sont généralisées sur les pièges du réseau. Toutefois, seuls quelques dégâts frais sont observés et les niveaux restent inférieurs au seuil d'intervention. Les pégomyies demeurent présentes à faible intensité, comme les noctuelles, dont les dégâts restent limités même si le risque devient plus marqué dans les parcelles non irriguées.
Le charançon est désormais très largement installé. Toutes les parcelles renseignées présentent des piqûres de ponte et la moitié d'entre elles comptent au moins une betterave sur deux touchée. Néanmoins, le nombre de galeries reste encore relativement faible.
Les premières observations de cercosporiose concernent cinq parcelles réparties dans le sud de la Seine-et-Marne, les Yvelines et l'Essonne, avec des niveaux correspondant au déclenchement du premier traitement. En revanche, aucun symptôme de rouille ou d'oïdium n'est observé cette semaine.
Champagne
Les betteraves poursuivent leur développement avec un stade moyen proche de 90 % de couverture du sol. Les fortes chaleurs provoquent des symptômes de stress thermique dans plusieurs secteurs.
Les pucerons ont dorénavant quasiment disparu des parcelles suivies, tandis que des auxiliaires sont observés ponctuellement. Les symptômes de jaunisse virale sont présents dans près de 40 % du réseau mais restent limités à quelques plantes isolées ou à de petits foyers, sans incidence notable sur le potentiel de la culture à ce stade.
Des piqûres de ponte du charançon Lixus juncii sont recensées dans près de 70 % des parcelles, avec une moyenne de 17 % de plantes concernées. Le risque demeure élevé dans les secteurs favorables, notamment en bordure de zones boisées ou enherbées. Les teignes sont signalées dans un quart des parcelles, mais les niveaux d'attaque restent inférieurs au seuil de risque. Les fortes chaleurs et le stress hydrique pourraient toutefois favoriser leur développement dans les prochaines semaines.
Concernant les maladies foliaires, seules deux parcelles présentent des symptômes de cercosporiose. Les autres maladies cryptogamiques restent absentes du réseau. La très grande majorité des parcelles demeure indemne de toute maladie et les conditions climatiques actuelles limitent fortement le développement de la cercosporiose.
Alsace
En Alsace, de la cercosporiose est observée et les traitements fongicides sont en cours.
Les vols de cicadelle sont en baisse.
Observations réalisées dans le cadre de la Surveillance Biologique du Territoire (SBT), données saisies dans l’outil inter-institut Vigicultures®, validées par les animateurs de la filière et publiées dans les Bulletins de Santé du Végétal (BSV).









