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Tour de plaine - 18 juin 2026

Au fil de la campagne, l'ITB compile les observations issues du réseau d'épidémiosurveillance pour présenter l’état sanitaire des betteraves. Les données publiées sont issues des observations saisies dans Vigiculture. Retrouvez ce point au 18 juin 2026 :

Le nombre de parcelles affectées par la jaunisse continue d’augmenter, mais les symptômes restent généralement limités à des plantes isolées ou à de petits foyers. Seules quelques parcelles situées dans les départements du sud présentent des niveaux plus élevés, pouvant dépasser 30 % de la surface parcellaire atteinte. Cette situation contraste avec celle de 2020, où, dans ces mêmes départements, la quasi-totalité des parcelles présentait des surfaces touchées variant de 20 à 100 %. Des diagnostics viraux réalisés le 8 juin sur 39 parcelles révèlent la présence de l’ensemble des virus (polerovirus, virus de la jaunisse grave, mosaïque) avec de nombreuses co-infections.

La carte ci-dessous illustre l’intensité des symptômes observés au sein du réseau de surveillance.

L’année se caractérise également par une forte pression du charançon Lixus junci, principalement en Champagne et dans la zone sud. Compte tenu des conditions sèches, la crainte est que les larves migrent rapidement dans les collets. La carte suivante représente les parcelles repérées avec des pontes dans les pétioles.

Les maladies fongiques sont très peu présentes. De rares symptômes de cercosporiose ont été observés de manière très ponctuelle dans certaines parcelles, mais les températures élevées ne favorisent pas le développement de la maladie.

Hauts-de-France

Les betteraves poursuivent leur développement : la couverture est atteinte dans la plupart des parcelles. Cela marque la fin de la période de risque vis-à-vis des pucerons. Les premiers symptômes de jaunisse continuent de progresser dans le réseau avec des signalements sur 11 parcelles, contre 8 la semaine précédente. Les fréquences observées restent toutefois très faibles, généralement inférieures à 1 %, même si quelques foyers localisés sont visibles. 

Les bioagresseurs secondaires restent globalement peu présents. Les pégomyies sont signalées dans huit parcelles mais une seule atteint le seuil indicatif de risque avec plus de 50 % de plantes présentant des galeries et des larves. Les noctuelles défoliatrices sont observées dans sept parcelles mais sans dépasser les seuils de nuisibilité. Enfin, quelques symptômes de mildiou sont signalés, avec des fréquences très faibles. 

Normandie

Plus de 90 % des parcelles atteignent désormais le stade 100 % de couverture du sol.

Les noctuelles défoliatrices restent peu présentes. Deux parcelles seulement signalent des dégâts avec des fréquences faibles, très éloignées du seuil indicatif de risque.

Le mildiou est également observé dans deux parcelles avec des niveaux d’attaque compris entre 0,5 et 3 % des betteraves. La maladie semble stable depuis les premiers signalements observés fin mai et ne progresse pas significativement.

Les symptômes de jaunisse virale sont dorénavant fréquemment observés dans la région. Ils restent généralement limités à des plantes isolées ou à de petits foyers. Quelques situations localisées peuvent toutefois atteindre 10 à 15 % de plantes touchées. 

Centre-Val de Loire

Toutes les parcelles du réseau ont atteint le stade couverture du sol. Dans un contexte marqué par des températures relativement fraîches mais surtout par l’absence de précipitations, le déficit hydrique continue de s’accentuer dans les secteurs les plus superficiels. Lorsque cela est possible, les irrigations se poursuivent.

La jaunisse est désormais signalée dans 76 % des parcelles observées. Les symptômes restent cependant peu développés avec une gravité généralement comprise entre 1 et 10 %. Leur apparition est plus précoce qu’en 2025 mais leur évolution demeure lente.

La situation est également marquée par une forte présence du charançon Lixus. Des pontes sont observées dans plus de 90 % des parcelles, avec près d’une plante sur deux portant des piqûres. 

Les noctuelles progressent aussi avec 40 % des parcelles concernées et trois situations dépassant le seuil de nuisibilité.

Les pégomyies restent présentes mais sans risque particulier.

Les captures de teignes demeurent faibles et seules quelques chenilles sont observées.

Concernant les maladies foliaires, les premiers symptômes de cercosporiose apparaissent dans le réseau. Sept parcelles sur vingt-cinq signalent la maladie et les conditions météorologiques actuelles restent peu favorables à son développement.

Île-de-France

Les betteraves présentent désormais un couvert compris entre 90 et 100 %.

La jaunisse est largement présente dans le réseau : 96 % des parcelles renseignées signalent des symptômes. Les fréquences restent néanmoins faibles, comprises entre 0,5 et 10 % de surface touchée.

Les teignes poursuivent leur cycle avec des captures encore observées dans les pièges. Le premier pic de vol semble terminé et aucun dégât n’est signalé dans les parcelles suivies. Le risque est considéré comme moyen, notamment dans les situations exposées au stress hydrique.

Les pégomyies sont observées dans un quart des parcelles mais avec des niveaux d’attaque modestes.

Les noctuelles restent peu fréquentes, même si certaines situations en culture non irriguée nécessitent une surveillance renforcée.

Le charançon demeure en revanche très présent : plus de 95 % des parcelles présentent des trous de ponte et la moitié d’entre elles comptent au moins 50 % de betteraves touchées.

Aucune maladie foliaire n’est observée cette semaine dans le réseau francilien.

Champagne

Les betteraves poursuivent leur croissance avec des stades allant de 15 feuilles vraies jusqu’à la couverture complète du sol. Le stade moyen se situe désormais autour de 80 % de couverture.

Les pucerons verts ne sont plus observés que très ponctuellement et les infestations restent largement inférieures aux seuils de risque. Les auxiliaires, notamment coccinelles, chrysopes, syrphes et araignées, sont présents dans près de 30 % des parcelles et contribuent à réguler naturellement les populations résiduelles. Les symptômes de jaunisse virale apparaissent. Près de 30 % des parcelles du réseau sont désormais concernées mais les fréquences restent faibles, avec quelques plantes isolées ou de petits foyers représentant au maximum 3 % de la surface.

Le charançon Lixus poursuit sa progression. Trois quarts des parcelles présentent des piqûres de ponte et des larves sont observées dans certaines situations. Les températures élevées annoncées pourraient favoriser la poursuite des pontes et accroître le risque de migration des larves vers les racines.

Les teignes gagnent également du terrain avec plusieurs parcelles dépassant le seuil indicatif de risque. Les conditions chaudes et sèches annoncées sont favorables à leur développement.

Enfin, les premières maladies foliaires font leur apparition. Quelques symptômes de cercosporiose sont observés, même si les fortes chaleurs pourraient temporairement ralentir leur progression.


Observations réalisées dans le cadre de la Surveillance Biologique du Territoire (SBT), données saisies dans l’outil inter-institut Vigicultures®, validées par les animateurs de la filière et publiées dans les Bulletins de Santé du Végétal (BSV).

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