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Tour de plaine - 23 juillet 2026

Au fil de la campagne, l'ITB compile les observations issues du réseau d'épidémiosurveillance pour présenter l’état sanitaire des betteraves. Les données publiées sont issues des observations saisies dans Vigicultures et de l'expertise terrain de l'ITB. Retrouvez ce point au 23 juillet 2026 :

Le manque de précipitations freine le développement des betteraves. Le stress hydrique est préoccupant dans plusieurs départements betteraviers. Les bilans hydriques (P-ETP) sont exceptionnellement bas dans beaucoup de stations. Les graphiques ci-dessous présentent la valeur observée en 2026 et une analyse fréquentielle réalisée sur la période 2010-2025.

 

 

À Orléans et Rouen, les valeurs observées en 2026 sont inférieures à toutes celles enregistrées depuis 2010. À Reims et Saint-Quentin, les bilans hydriques se situent à des niveaux très faibles, mais n’ont pas atteint les minima observés sur la période d'analyse. Le bilan à Calais n’est pas préoccupant à ce stade.

 

Cette situation traduit une faible disponibilité des ressources en eau pour la culture. Les conséquences sont particulièrement importantes dans les sols à faible réserve utile (sols superficiels, sables, cranettes). Ces conditions sèches favorisent l'expression de certaines maladies, notamment le rhizopus entrainant la pourriture des racines, ainsi que la migration des larves de Lixus juncii dans le collet. Les symptômes de jaunisse sont difficilement observables dans les conditions sèches. Il faut attendre le retour des pluies pour évaluer son impact.

 

La situation sanitaire détaillée par région est disponible ci-dessous.

 

Hauts-de-France

 

La cercosporiose poursuit sa progression et atteint désormais le seuil d’intervention T1 dans 80 % des parcelles de la région. Une parcelle est au seuil T2. La rouille reste limitée au littoral nord, tandis que les symptômes de jaunisse demeurent stables et de faible intensité. Des charançons sont signalés principalement dans l’Aisne et l’Oise, alors que les autres ravageurs restent peu actifs. Des larves de charançons sont présentes dans les racines de betteraves.

 

Normandie

 

La cercosporiose progresse dans l'ensemble de la région, favorisée par les conditions humides, principalement en Seine-Maritime où 90 % des parcelles du réseau ont atteint le seuil T1, contre 45 % dans l'Eure. L'oïdium reste ponctuel mais un premier dépassement du seuil T1 est observé dans le Vexin normand. 

 

La présence de noctuelles est observées, sans dépassement du seuil de risque, ainsi que les pégomyies.

 

Enfin, le charançon Lixus juncii est principalement signalé dans l'Eure.

 

Centre-Val de Loire

 

Le stress hydrique continue de s’accentuer, avec une perte de feuillage pouvant atteindre et dépasser 50 % dans les parcelles non irriguées, et des besoins en eau que l’irrigation ne parvient pas toujours à compenser. Les symptômes de jaunisse sont de moins en moins perceptibles avec ce stress hydrique. 

 

Les pontes de charançons (Lixus juncii) sont signalées dans 100 % des parcelles. Le nombre moyen de plantes avec piqûres reste stable. Les dégâts provoqués par ce ravageur atteignent un niveau inédit, favorisés par les conditions sèches. La cercosporiose progresse lentement, tandis que le premier cas de rhizopus (1 parcelle touchée) apparait et pourrait s’étendre si les fortes chaleurs persistent.

 

Île-de-France

 

La sécheresse continue de pénaliser les betteraves, avec un recul du développement sur un quart des parcelles et des symptômes de jaunisse plus difficiles à apprécier. Les dégâts liés aux charançons favorisent une forte progression du rhizopus (12 parcelles sur 22 renseignées), parfois avec des pertes importantes de racines. 

 

La situation reste globalement stable vis-à-vis de la cercosporiose, tandis que le risque teignes reste élevé dans les parcelles soumises au stress hydrique.

 

Champagne

 

Les symptômes de jaunisses évoluent peu, malgré leur présence sur 60 % des parcelles du réseau. La pression des teignes augmente nettement, avec une parcelle sur deux ayant atteint le seuil indicatif de risque, dans un contexte de stress hydrique qui favorise également les dépérissements liés au Rhizopus. Les migrations des larves de Lixus juncii vers les racines deviennent plus fréquentes. 

 

La cercosporiose reste la principale maladie observée, mais les conditions actuelles, peu humides, limitent son évolution. 21 parcelles du réseau d'observation ont atteint le seuil T1 et une parcelle irriguée a atteint le seuil T2.

 

Alsace

 

La cercosporiose profite de l'effet de conditions climatiques redevenues favorables, avec l'ensemble des parcelles suivies ayant déjà atteint le seuil indicatif de risque et bénéficiant d'au moins une protection. La pression reste toutefois contenue, même si l'humidité résiduelle favorise le développement de la maladie. 

 

Les charançons sont désormais généralisés dans la plaine : des adultes et des galeries dans les collets sont observés dans 100 % des parcelles du réseau. Le nombre de galerie moyen par betterave sur l’ensemble du suivi est de 8 galeries par plante.

 


Observations réalisées dans le cadre de la Surveillance Biologique du Territoire (SBT), données saisies dans l’outil inter-institut Vigicultures®, validées par les animateurs de la filière et publiées dans les Bulletins de Santé du Végétal (BSV).

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