
ITB Somme / Oise ·
La réunion technique s'est déroulée le 7 janvier 2026, retrouvez les présentations et le résumé de chaque intervention.
Une mauvaise implantation engendre une levée retardée ou échelonnée, ce qui limite le potentiel de rendement.
Bien souvent oubliée, cette étape cruciale démarre par le labour. Si celui-ci est bien réalisé, il facilite les étapes de préparation du sol en permettant un travail moins profond, car le nivellement est déjà amorcé. Un sol bien labouré sera plus facile à rappuyer, garantissant ainsi une meilleure levée.
La préparation du sol doit assurer un excellent contact sol/graine pour faciliter l'humectation de cette dernière. Il est donc primordial que la structure soit bien nivelée, rappuyée et exempte de mottes excessives.
Le semis est le dernier point déterminant. Sa réussite dépend directement des étapes précédentes, car une préparation soignée permet un semis plus régulier. Cependant, l'entretien du semoir est tout aussi essentiel pour garantir cette précision. La graine doit être déposée à 2,5 cm de profondeur, au cœur d'un lit de semence humide et correctement rappuyé.
Pour assurer une fertilisation azotée optimale sur les parcelles de betteraves, il est nécessaire de réaliser un reliquat sortie hiver (RSH). Ce reliquat doit être réalisé sur une zone homogène et représentative de la parcelle, sur les horizons 0-30, 30-60 et 60-90 cm. Ces échantillons sont à transmettre au laboratoire qui calculera le reliquat de la parcelle et la dose conseillée (DC) à apporter.
Les RSH constituent un levier essentiel pour la fertilisation de la betterave, chaque sol présentant des caractéristiques différentes et donc une DC spécifique. Une fertilisation mal raisonnée aura un impact sur le rendement ainsi que sur les marges brutes.
D’après une synthèse d’essais menée de 2013 à 2025 sur la délégation, le non-respect de la dose conseillée a une incidence sur la richesse. Une augmentation de la dose conseillée de 40 unités entraîne une diminution de la richesse de 0,25 point, tandis qu’une réduction de 40 unités se traduit par une augmentation de la richesse de 0,22 point. Cependant, une synthèse nationale montre que la diminution de la dose d’azote conseillée aura toujours une influence négative sur la productivité en poids-valeur. La surfertilisation en betterave n’a qu’une faible influence positive sur la productivité, qui est très variable selon les situations. Ce faible gain de productivité dû à la surfertilisation ne permet pas de compenser le coût de ce surplus d’azote, tout comme l’économie liée à la sous-fertilisation ne rattrape pas la perte de rendement. Dans certains cas, où la DC est importante et selon le prix de l’azote, un gain de marge brute peut être dégagé.
Enfin, le positionnement de l’azote est un point clé pour éviter les brûlures sur les germes des betteraves. L’ITB conseille d’apporter l’azote au moins 15 jours avant le semis, et dans les situations avec un apport plus faible, ce délai peut être raccourci. Toutefois, un fractionnement est possible avec un apport de 80 uN 15 jours avant le semis, puis le reste lorsque les betteraves auront atteint le stade 2 feuilles vraies.
La campagne 2025 a été particulièrement difficile pour le désherbage. Notre enquête révèle une augmentation de 10 % des parcelles qui présentent des résultats non satisfaisants, tandis que la part des parcelles "très satisfaisantes" a chuté de 14 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cette situation s'explique par un printemps sec, peu favorable à l'activation des herbicides racinaires.
1. Le timing des interventions
Il est impératif de démarrer les interventions dès la levée des adventices.
T2 : à réaliser 7 jours maximum après le T1.
Traitements suivants : à adapter selon l’efficacité obtenue et la dynamique de levée.
Stade limite : l'intervention doit impérativement avoir lieu au stade cotylédons des adventices.
2. Le choix des produits
Le positionnement des produits est essentiel pour optimiser le rapport efficacité/coût :
Pré-levée vs Post-précoce : La pré-levée n'est pas systématiquement indispensable. La post-émergence précoce s’avère souvent moins coûteuse et plus efficace, notamment sur le chénopode, l’adventice la plus problématique de notre zone.
L'atout Clomazone : Elle apporte un gain d'efficacité indéniable sur le chénopode pour un coût réduit. Elle renforce également l'action contre les renouées liserons et la mercuriale, très présentes dans nos zones betteravières.
Gestion des ombellifères : Le Quinmérac en pré-levée est intéressant en cas de forte pression (type Ammi majus), mais représente un investissement important. Sur des pressions plus faibles, il est conseillé de l'utiliser uniquement en post-émergence, associé au Lénacile (Ammi majus) et à la Clomazone (éthuse).
3. Les conditions d'application
L'efficacité des produits dépend directement des conditions climatiques lors du passage :
Enseignement de 2025 : L'hygrométrie chutant très rapidement en journée, il était nécessaire de démarrer les traitements plus tôt le matin ou de les fractionner sur plusieurs jours.
4. La qualité de pulvérisation
Pour maximiser les chances de toucher les adventices, la qualité de la pulvérisation est primordiale :
Un nombre de gouttelettes important est nécessaire pour une couverture optimale.
L'usage de buses à limitation de dérive est possible, mais impose d'augmenter le volume d'eau pour maintenir une efficacité constante.
Les modifications réglementaires entraînent une diminution du nombre de molécules disponibles ainsi qu'une augmentation des résistances aux substances actives les plus utilisées. Les possibilités d’intervention chimique en pré-émergence sont désormais réduites et les efficacités en post-émergence plafonnent malgré des doubles adjuvantations. De nouveaux moyens de lutte sont nécessaires avec par exemple le labour ou le désherbage mécanique qui offrent de nouvelles perspectives. Ces thématiques sont effectuées par l’ITB dans le cadre du Parsada* avec les projets Gramicible et Gramicombi. Les premiers travaux ont commencé en 2025 afin de développer les alternatives aux produits chimiques dans la lutte contre les graminées.
La stratégie fongicide repose sur trois piliers : l’utilisation de variétés tolérantes pour les récoltes tardives, l’intégration de produits performants dans les programmes de traitement et un suivi rigoureux de votre parcelle pour intervenir au moment opportun.
La tolérance variétale est le pilier de la lutte contre la cercosporiose. Il est impératif de choisir une variété tolérante à la cercosporiose pour les arrachages au-delà de fin octobre. Les variétés sensibles sont à réserver pour les récoltes précoces jusqu’à fin septembre. Les indices de sensibilité pour chaque variété sont disponibles dans les pages centrales du Betteravier Français n°1209 du 25 novembre 2025 et sur le site internet de l’ITB. L’impact économique d’un choix variétal mal adapté peut entraîner une perte de productivité allant jusqu’à 9 %.
Les produits ou programmes pour lutter contre la cercosporiose sont classés selon leur performance. Il est essentiel d’utiliser ces produits aux doses homologuées et d’associer les triazoles afin de limiter l’apparition de résistances. Un gain d’efficacité significatif est observé lors de l’ajout de l’Airone SC aux différentes solutions conseillées. Sous réserve d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) dérogatoire en 2026, l’Airone SC est le seul produit à base de cuivre efficace pour lutter contre la cercosporiose. Son positionnement au T1 est à privilégier tant sur les variétés sensibles que sur les variétés tolérantes pour lutter contre la cercosporiose.
L’OAD « Alerte Maladies » disponible sur le site de l’ITB permet de suivre l’arrivée et la progression des maladies foliaires par secteur géographique. Il demeure néanmoins primordial d’observer directement vos parcelles pour évaluer le développement des maladies et se référer aux seuils IPM pour déclencher toute intervention. Les notes d’information et les alertes SMS de l’ITB vous permettent de rester informés de l’évolution sanitaire durant l’été.
*Parsada : Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures.
Agrément conseil de l’ITB à l’utilisation des produits phytosanitaires n° 7500002.
Assurance RC n° 05421646Y/1025.
Le portail EcophytoPIC recense les techniques alternatives à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.
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