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Les conseils de l’ITB pour le phosphore

Doses, périodes et formes d’apport du phosphore pour la betterave : l’ITB vous livre ses conseils pour optimiser la fertilisation phosphorique de la betterave considérée comme très exigeante vis-à-vis de cet élément.

Il est primordial d'éviter les carences en phosphore qui se caractérisent pas un retard de développement des betteraves, et parfois, par un rougissement des bordures des feuilles. La réalisation régulière d'analyses de sol permet d'anticiper ces situations, dont les conséquences sont difficilement rattrapables durant le cycle de la culture. Ces analyses sont la base du raisonnement pour déterminer les quantités de P2O5 à apporter.

Quelle dose apporter ?

Comme pour le potassium, la détermination de la dose à apporter repose sur la méthode établie par le Comifer : tous les abaques pour réaliser les calculs ainsi que des précisions sur ces derniers sont disponibles dans la brochure « Fertilisation P-K-Mg ». Cette méthode est appliquée par la plupart des laboratoires d'analyse et de conseil. Celle-ci prend en compte quatre facteurs :

  1. La teneur du sol (analyse chimique à réaliser régulièrement !),
  2. L’exigence de la culture,
  3. L’historique des apports,
  4. Les exportations de la culture à fertiliser.

La formule pour calculer la dose à apporter, établie par le Comifer, est la suivante :

formule

Pour la betterave sucrière, la teneur en P2O5 dans les exportations est fixée à 0.5kg de P2O5 par tonne à 16%.
Le coefficient multiplicatif des exportations se lit dans des tables éditées par le Comifer. Il dépend de l’exigence de la culture, de l’historique d’apport, et des seuils d’impasse (Timp) et de renforcement (Trenf), qui diffèrent selon les types de sols et la méthode d’analyse utilisée (Olsen, Joret-Hébert).
Le tableau ci-dessous donne les valeurs de ces coefficients pour les cultures très exigeantes, telles que la betterave sucrière :

Le seuil d’impasse (Timp) se définit comme le niveau d’offre du sol en élément au-delà duquel l’absence de fertilisation n’induit aucune perte sensible de rendement. Le seuil de renforcement (Trenf) correspond à une valeur sous laquelle un apport de fertilisant égal à l’exportation théorique par la culture ne suffit pas. Le tableau ci-dessous donne quelques valeurs pour des cultures très exigeantes :

Pour les sols de craie, les seuils pour la méthode Olsen ont été mis à jour en 2020 : si le conseil d'apport a été établi avant cette date, il est nécessaire de renouveler le calcul d'apport.

En cas d’export des résidus du précédent, un complément d’apport est ajouté dans les situations où la teneur est inférieure au seuil d’impasse. Celui-ci correspond à la teneur des résidus, disponibles dans les abaques, multipliée par la quantité de résidus estimée.

Abaque simplifié

En suivant la méthode décrite, le tableau ci-dessous donne des ordres de grandeur d’apports de P2O5 (kg/ha) à réaliser. Les calculs se basent sur la situation d’un betteravier, avec un objectif de rendement autour de 85t/ha à 16%, avec enfouissement des résidus du précédent.

Il est bien entendu indispensable de prendre en compte la contribution des fertilisants organiques (vinasses, engrais de ferme, boues de STEP…) apportés pendant l’interculture précédent la betterave !

Périodes et formes d’apport

Pour le phosphore, il convient de choisir des engrais de très bonne solubilité type superphosphates. Pour des teneurs de sol supérieures au seuil de renforcement, l’apport pourra être réalisé à l’automne ou au printemps. En revanche, pour une teneur inférieure au seuil de renforcement, il faudra privilégier des apports de printemps notamment dans les sols de craie et à pH supérieurs à 7.5.

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Agrément conseil de l’ITB à l’utilisation des produits phytosanitaires n° 7500002.
Le portail EcophytoPIC recense les techniques alternatives à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.


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