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68 % des surfaces betteravières reçoivent un apport organique

L’apport d’amendements organiques est l’une des pratiques qui a le plus évolué ces dernières années. Cette pratique permet d’enrichir le sol tout en valorisant des produits organiques, et de limiter par la suite l’apport d’éléments nutritifs de synthèse. Focus sur son évolution via les enquêtes sur les pratiques culturales.

Une pratique devenue majoritaire

 

Désormais, 68 % des surfaces betteravières reçoivent un apport, contre 40 % dans les années 2000. 65 % de ces apports proviennent de l’extérieur de l’exploitation. 

 

 

Des disparités départementales importantes

 

La disponibilité des produits organiques varie selon les territoires ce qui entraine d’importantes disparités départementales.  Les surfaces recevant ce type d’apport atteignent 88 % en Seine-Maritime, 86 % dans l’Aisne, 74 % dans la Marne et 71 % en Somme, contre seulement 45 % dans l’Eure, 43 % dans le Loiret et 40 % en Seine-et-Marne. Ces différences s’expliquent majoritairement par la nature des apports disponibles qui entraine un gradient nord sud des surfaces concernées. 

 

 

Une évolution liée en partie à l'augmentation des prix des engrais de synthèse 

 

L’augmentation du recours à des apports organiques s’explique en partie par l’évolution des prix plus favorables aux organiques qu’aux minéraux. 

 

 

Le compost, grand gagnant de l'augmentation des apports 

 

La nature des apports a fortement évolué depuis plus de vingt ans. Le compost, dont la production à grande échelle a fortement augmenté, occupe désormais 30 % des surfaces, alors que cet apport était anecdotique auparavant. Les apports de vinasse et de fumiers de bovin restent toujours largement utilisés.

 

 

Des apports très différents selon les régions

 

De fortes disparités régionales sont observées en fonction de la disponibilité des apports :

 

  • le fumier de bovins concerne surtout le Nord et la Normandie, et dans une moindre mesure la Picardie, en lien avec le maintien d’élevages bovins et la proximité avec les frontières de l’Europe du Nord.
  • Les vinasses sont plutôt apportées en région Centre, en Picardie et en Champagne.
  • En Champagne, le compost d’origine animale, ainsi que des fientes de volaille sont de plus en plus utilisés. 

 

 

Une autre évolution se dessine : les boues de digestat de méthanisation (catégorie « Autres boues, digestat »), sont désormais suffisamment présentes pour être quantifiées. Elles sont apportées en Ile-de-France sur 4 % des surfaces, et sur 2 % des surfaces en Champagne, en Picardie et en région Centre (source : enquête PK GC 2021). 

 

Une meilleure connaissance de la composition des éléments fertilisants 

 

Non seulement la nature des apports a changé, mais l’importance accordée à cette pratique évolue, grâce au recours de plus en plus courant à des analyses. Ces dernières permettent aujourd’hui de connaitre la teneur en azote organique des apports, ce qui facilite un ajustement de la fertilisation azotée à la parcelle. 

 

 

En cas d’apport organique sur la parcelle, la quantité d’azote minéral apportée diminue à 86 kg/ha en moyenne, contre 110 kg/ha en l'absence d'apport organique.

 

 


Cet article se focalise sur 3 jeux de données issus des "enquêtes pratiques culturales en grandes cultures" menées par le ministère de l'Agriculture : 559 parcelles betteravières analysées en 2021, 682 en 2017 et 854 en 2011, ainsi que les données issues des enquêtes de l’ITB (1997 à 2017). 

 

Concernant les enquêtes pratiques culturales en grandes cultures, les questionnaires ainsi que les principaux résultats sont disponibles sur le site agreste / sources, définitions, méthodes / Sources / S-PK GC 2021. L'accès à certaines données utilisées dans le cadre de ce travail a été réalisé au sein d'environnements sécurisés du Centre d'Accès Sécurisé aux données - CASD (Réf. 10.34724/CASD).  

 

*Source : ministère de l’Agriculture SSP [Producteur], Pratiques culturales sur les grandes cultures - 2011 / 2017 / 2021 [Fichiers de données], Centre d'Accès Sécurisé aux Données (CASD) [Diffuseur], Traitement ITB.  

 

 

L'ITB bénéficie pour ce projet du concours financier du Compte d'Affectation Spécial pour le Développement Agricole et Rural (CASDAR), géré par le Ministère en charge de l'Agriculture. 

 

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