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Episode de gel : dans quels cas faut-il ressemer ?

Même avec une population fortement réduite, ressemer ses betteraves n'est pas forcément judicieux. La population levée, le temps passé depuis le semis, sont à prendre en compte, ainsi que les conditions climatiques attendues pour le nouveau semis.

Réaliser un diagnostic à la parcelle

Suite à l'épisode de gel, des ressemis peuvent être nécessaires. Un comptage minutieux de la population doit être réalisé avant de l'envisager. Délimitez plusieurs zones de comptages sur la parcelle, de 6 à 12 rangs en fonction des semoirs par 10 m, afin d'avoir un regard objectif sur la population restante. 

La décision de ressemer doit mettre en regard deux probabilités : la perte de rendement du premier semis liée à la population faible, et la perte de rendement liée à la date tardive du nouveau semis. Les grandes règles à respecter sont les suivantes :

  • à 30 000 plantes/ha, le ressemis est justifié s’il est réalisé dans les 35 jours qui suivent la date du 1er semis.
  • à 40 000 plantes/ha, un ressemis est justifié s’il est réalisé dans les 30 jours qui suivent la date du 1er semis.
  • à 50 000 plantes/ha, un ressemis n’a pas d’intérêt économique.

Si la population moyenne est comprise entre 40 000 et 50 000 pieds/hectare, il ne faut pas envisager de ressemis pour deux raisons :

  • La première étant l’avance de végétation de ces betteraves (2 à 4 semaines) gage de rendement.
  • La seconde étant une protection néonicotinoïdes efficace pour se prémunir de la jaunisse virale.

En cas de ressemis dans la même parcelle, la législation actuelle interdit l’utilisation de semences de betteraves traitées néonicotinoïdes.

Il est nécessaire de considérer également les conditions dans lesquelles le nouveau semis sera effectué, et anticiper un climat défavorable, surtout l'occurence de temps sec, qui peut engendrer une nouvelle mauvaise levée. 

A la fois pour diminuer le retard de nouveau semis éventuel, et éviter des conditions défavorables, le ressemis est conditionné par la rapidité du diagnostic au champ.

Un contexte climatique exceptionnel

Les deux graphiques ci dessous des stations Météo France de Pithiviers (Loiret) et de Saint Quentin (Aisne) montrent les températures exceptionnellement froides de ces derniers jours. La courbe bleue représente les températures de 2021 comparées aux moyennes des 30 dernières années (le gris clair représente le minimum et le maximum). Les valeurs extrêmes atteignent les records historiques des températures minimales enregistrés. 

 

Conséquences sur les betteraves

La betterave est normalement capable de résister à une température minimale de -5°C, mais les gelées de cette semaine sur des parcelles juste levées ont engendré dans certaines régions des dégâts parfois considérables. Les dégâts peuvent être très variables en fonction de la date de semis, de l’humidité des sols au moment du gel, de la topographie et de l’orientation des parcelles, de la couleur de terre, également de la profondeur de semis, du recouvrement de la graine et du rappuyage sur le rang qui peuvent modifier la pénétration du froid et le contact avec la plantule.

Les symptômes sont des cotylédons de couleur bronze à violet, un port tombant, une tigelle translucide ou pincée avec nécrose. Les plantules dépérissent rapidement et disparaissent. Toutefois, la betterave sera considérée comme morte uniquement si l'apex (base d'insertion des premières feuilles) est également noirci. Dans certaines situations, seuls les cotylédons sont détruits et le coeur de la betterave pourra redémarrer.

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