ITB Institut Technique de la betterave

 Accueil / Tous les articles / Article

La gestion des bioagresseurs en culture de betterave biologique

DSCN1307

L’utilisation de variétés tolérantes et le travail du sol qui perturbe l’installation des ravageurs souterrains sont les principaux leviers dans la lutte contre les bioagresseurs en culture biologique.

Des pratiques préventives peuvent permettre d’éviter la présence des bioagresseurs. La rotation est en ce sens un levier essentiel en culture biologique. Il est conseillé si possible d’allonger la durée entre deux betteraves, de diversifier la rotation et de limiter les plantes hôtes, y compris en interculture.

L’apparition et le développement de chaque bioagresseur dépend de différents facteurs :

  • l’historique parcellaire, déterminant surtout pour les ravageurs souterrains,
  • les conditions climatiques : risque régional mais aussi climat particulier de chaque parcelle,
  • les pratiques culturales : rotations, assolements, fertilisation…
  • les facteurs parcellaires : type de sol, proximité avec des haies…

Parasitisme

Les parasites souterrains

1.     Lutte agronomique

Des mesures agronomiques préventives peuvent permettre la lutte contre les limaces, mulots et ravageurs souterrains.

L’entretien des bordures de parcelles peut également limiter la présence de charançons ou d'acariens.

La préparation du lit de semences au printemps doit être ferme et homogène. Les attaques de ravageurs souterrains sont toujours plus importantes dans les zones de terre soufflée. Il convient de privilégier une faible profondeur de travail (environ 5 à 7 cm), si nécessaire en 2 passages. D’une manière générale, le travail du sol doit permettre une levée rapide et homogène pour limiter les risques de parasitisme.

D’autre part, le repiquage de plants au stade 4-6 feuilles participe à la lutte contre les ravageurs souterrains par une stratégie d’évitement aux stades précoces, les plus sensibles aux piqûres et aux pertes de pieds.

D’une manière générale, l’aménagement d’espaces autour de la parcelle peut favoriser les carabes afin de lutter contre les ravageurs souterrains et les limaces (implantation de haies, arbres et bandes enherbées) et favoriser les auxiliaires aériens (coccinelles, chrysopes, syrphes). Attention toutefois ces dispositifs peuvent aussi favoriser les ravageurs (par exemple, les bandes enherbées et les jachères peuvent favoriser les limaces et les tipules), c’est donc un équilibre à trouver entre populations d’auxiliaires et populations de ravageurs.

 

2.    Les solutions curatives

Contre les limaces, des produits efficaces comme Sluxx HP ou Ironmax Pro ont la mention UAB (Utilisable en Agriculture Biologique). Ces produits sont à base de phosphate ferrique. La betterave est exposée à des attaques jusqu’au stade 6 feuilles. L’application de molluscicides peut s’avérer nécessaire quand 1 limace noire ou 4 limaces grises par m² sont observées et avec des conditions climatiques favorables à leur développement. Des comptages successifs sur des placettes fixes (6 à 12 rangs x 10 m) sont la méthode la plus fiable pour constater des pertes de plantes et réagir rapidement.

Concernant les nématodes, des variétés tolérantes sont disponibles en agriculture biologique (voir tableau ci-dessous).

 

Les parasites aériens

Pour les ravageurs aériens, il n’y a pas aujourd’hui de produit de protection ou de résistance variétale disponible. Malgré tout, les travaux de recherche en cours vont permettre à terme aux betteraves de mieux résister aux attaques de ravageurs comme les pégomyies, les acariens ou les pucerons. Pour ces derniers de nombreuses pistes sont à l'étude.

Favoriser la présence d’auxiliaires

La biodiversité joue un rôle primordial en culture biologique dans la régulation naturelle des ravageurs de la culture. Il existe tout un cortège d’auxiliaires de la betterave, prédateurs comme parasitoïdes. Par exemple, les coccinelles, syrphes, chrysopes, punaises mirides et cantharides sont des prédateurs spécialistes des pucerons. Au stade larvaire, une coccinelle ingurgite en moyenne 3 000 pucerons pour assurer son développement. Les femelles adultes peuvent quant à elles dévorer 300 000 adultes au cours de leur vie. Les aménagements paysagers (bandes fleuries, haies …) créent des conditions favorables pour les ennemis naturels des ravageurs des cultures. Ces auxiliaires permettent de réguler les populations de pucerons et donc de limiter l’impact de la jaunisse.

Larve de coccinelle

Chrysope

Gestion des maladies fongiques

Les maladies fongiques en culture biologique peuvent avoir un impact important sur le rendement. Le risque du développement de chaque maladie va dépendre de la situation géographique de la parcelle.

Premier levier : choisir une variété tolérante aux maladies du feuillage

A ce jour, aucune variété produite dans le cadre d’une production de semence biologique n’est disponible en betterave. La culture bénéficie d’un régime dérogatoire pour utiliser des variétés conventionnelles non traitées.

Le choix d’une variété tolérante est le facteur principal en agriculture biologique. Il est important de choisir parmi les variétés les plus tolérantes à la maladie dominante.

Les variétés proposées pour la betterave biologique en 2020 sont :

Le graphique ci-dessous illustre sur une expérimentation le comportement de variétés vis-à-vis de la cercosporiose selon leur niveau de sensibilité. La progression de la maladie est beaucoup plus faible pour les variétés résistantes.

Une note de 10 correspond à 100% de surface foliaire touchée.

 

Deuxième levier : des traitements possibles

Des produits sont également disponibles en agriculture biologique. Ils sont consultables sur le site internet de l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) : www.inao.gouv.fr/Les-signes-officiels-de-la-qualite-et-de-l-origine-SIQO/Agriculture-Biologique.

L’ITB a mis au point pour les parcelles conventionnelles des seuils de déclenchement afin de traiter au bon moment. Ces seuils peuvent également s’appliquer pour protéger les parcelles biologiques avec des produits autorisés. Surveiller l’évolution des maladies du feuillage dans les parcelles est important pour traiter au bon moment.

La figure ci-dessous présente les résultats d’un essai d’efficacité de la molécule de cuivre utilisée en situation de forte pression de cercosporiose. L’application d’un produit à base de cuivre permet de réduire la gravité de la maladie en comparaison avec un témoin non traité.

*produit à base de cuivre ayant eu une AMM dérogatoire sur betterave en 2018.

Le produit est d’autant plus efficace que la valeur d’AUDPC (Aera Under the Disease Progress Curve) est faible. Cette valeur représente la gravité de la maladie mesurée à différentes dates au cours de la période estivale. Une valeur d’AUDPC élevée est synonyme d’une forte infestation. 

La molécule de soufre est utilisable contre l’oïdium en culture biologique. D’autres produits sont également testés par l’ITB. S’ils sont homologués sur betteraves et s'’ils obtiennent la mention UAB (Utilisable en Agriculture Biologique), ils pourront être utilisés pour la culture de la betterave biologique.

Remonter en haut de la page

Agrément conseil de l’ITB à l’utilisation des produits phytosanitaires n° 7500002.
Le portail EcophytoPIC recense les techniques alternatives à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.


L'Institut Technique de la Betterave est
membre du réseau Acta

Institut Technique Agricole Qualifié
par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation