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L’implantation, un levier important pour le désherbage de la betterave bio

L’ITB a testé dans ses essais plusieurs stratégies d’implantation de la betterave dans l’objectif d’obtenir une bonne maitrise des adventices et in fine de limiter au maximum le recours au désherbage manuel. La difficulté, sans avoir recours à la chimie, est de gérer les adventices intra-rang.

Le repiquage de plants pour des premières interventions précoces et efficaces

 

Une première stratégie testée a été le repiquage de plants au stade 4-6 feuilles.

Plant de betterave pour repiquage

Photo : Plant de betterave pour repiquage

L’intérêt est de pouvoir intervenir rapidement après la plantation pour désherber mécaniquement. Le plant est à un stade de développement permettant un passage d’herse étrille avec réglage de la pression à la dent. L’intervention en plein profite d'une avance de développement des betteraves par rapport aux adventices.  Elle assure une bonne efficacité et une bonne sélectivité des passages mécaniques. Dans les trois essais conduits par l’ITB avec ce type d’implantation, la maîtrise du désherbage a été satisfaisante avec un recours au désherbage manuel inférieur à 15h/ha.

Passage herse étrille

Photo : Passage herse étrille avec réglage de la pression à la dent 10 jours après le repiquage

Cependant, selon la repiqueuse employée, la main d'oeuvre à mobiliser peut être conséquente, et le débit de chantier, plus ou moins lent. Pour la repiqueuse 4 rangs utilisée dans l'essai conduit par la délégation de l'Aisne, 6 personnes au minimum devaient être mobilisées : une personne pour chaque rang, une personne pour approvisionner la repiqueuse et un conducteur. Le débit de chantier était d'environ un hectare par jour. Des repiqueuses automatiques ou bien avec une seule personne pour l'approvisionnement de deux rangs peuvent permettre de réduire le poste main d'oeuvre. Des repiqueuses avec un nombre de rangs plus important permettent bien entendu d'augmenter le débit de chantier.

Chantier repiquage

Photo : Chantier de repiquage

Un inconvénient notable est le coût des plants : il faut compter 1 800€/ha pour l'achat de 60 000 plants. Avec une betterave repiquée qui pivote mal, le potentiel de production déçoit dans les essais conduits. L’intérêt économique de cette technique vis-à-vis de sa productivité reste donc encore à démontrer.

 

Semer pour biner intégralement

Une autre piste travaillée est le semis permettant un alignement des betteraves perpendiculairement à la direction du semis. Ceci est rendu possible avec la technologie Geoseed 2 de la marque Kverneland.

Geoseed 2 Kverneland

Photo : Parcelle semée avec la technologie Geoseed 2 de Kverneland

L’intérêt est de pouvoir biner perpendiculairement à la direction de semis et donc de gérer une partie des adventices présentes intra-rang. Grâce à cette technique, environ 90% de la parcelle est binée. Il ne restera à gérer manuellement que les adventices situées aux pieds des betteraves et éventuellement dans les espaces laissés nus par des betteraves détruites.

Binage intégral

Selon les bineuses présentes sur l’exploitation, l’espacement considéré peut être différent. Le réduire présente l’avantage d’augmenter la population semée, mais augmente la difficulté pour la réalisation du binage en perpendiculaire.

En effet, comme toute technique, l’imprécision est à prendre en compte, et un alignement parfait des betteraves n’est jamais vraiment obtenu. Il sera ainsi plus facile de passer dans un espacement de 45 cm que dans un espacement très réduit. Sur une parcelle conduite en Champagne, un espacement de 22 cm a été testé. Le binage en perpendiculaire a été très compliqué à guider avec une intervention à moins de 2 km/h et un seul passage possible du fait de la fermeture rapide du rang. Dans tous les cas, un alignement des pièces travaillantes sur bineuse pour l’intervention en perpendiculaire permet de limiter les pertes de pieds.

Comme la réussite est conditionnée par le bon alignement des betteraves, le signal GPS doit être excellent et sans interruption, l’idéal étant d’avoir une balise mobile.

Une étape nécessaire est de vérifier en début de passage de semoir l’alignement des graines semées. Si un décalage est constaté il est reporté sur la console. Pour maximiser les chances d’alignement, il est conseillé de semer en planches.

Semis en planche

Schéma : semer en planches permet de maximiser les chances d'alignement

 

Comparaison des performances des deux stratégies décrites

Le graphique ci-dessous donne les coûts associés à chaque stratégie d’implantation (repiquage, semis 45x30 et semis classique) pour l’essai conduit en 2019 par la délégation ITB de l’Aisne.

Charges essai Aisne 2019

Graphique : Charges directes calculées sur l’essai conduit dans l’Aisne en 2019

Ces chiffres sont à prendre avec précaution puisqu’il s’agit des données d’un seul essai, mais illustrent plusieurs éléments d’analyse observés par ailleurs. Même si le repiquage permet une réduction importante voire une suppression du recours au désherbage manuel, les charges associées au prix des plants et à la main d’œuvre pour le repiquage sont très conséquentes. Le semis pour binage intégral permet lui une réduction moindre des charges liées au désherbage manuel mais tout de même intéressante, sans une augmentation conséquente des charges de mécanisation.

Le tableau suivant résume une évaluation qualitative de ces deux techniques par rapport à un semis classique :

Comparaison stratégie

Tableau : Comparaison des deux stratégies d'implantation décrites par rapport à un semis classique

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Agrément conseil de l’ITB à l’utilisation des produits phytosanitaires n° 7500002.
Le portail EcophytoPIC recense les techniques alternatives à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.


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