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Quelles stratégies pour valoriser son irrigation ?

L’ITB évalue dans cet article les résultats économiques produits sur ses essais conduits dans le Loiret depuis de nombreuses années, l’occasion de faire le point sur les stratégies conseillées et les perspectives de travail à venir.

Suivre le bilan hydrique de sa parcelle grâce à l’outil Irribet est une chose mais connaître les stratégies d’irrigation payantes à conduire selon ses propres contraintes en est une autre. L’ITB fait état ici des résultats valorisés ces dernières années dans ses essais.

 

Quel bilan économique de l’irrigation sur nos essais ?

 

Depuis plusieurs années la délégation ITB du Loiret mène des travaux pour répondre principalement à deux questions :

 

  • Une irrigation précoce est-elle valorisée ?
  • Quand faut-il arrêter les tours d’eau ?

 

Le graphique ci-dessous donne les résultats économiques de ces deux stratégies :

 

Résultats économiques irrigation

 

Ces calculs sont réalisés avec les hypothèses suivantes : un prix de la betterave fixé à 23€/t et un prix de l’eau fixé à 2.6€/mm. Ce dernier paramètre a été estimé grâce aux données transmises par la Chambre d’Agriculture du Loiret. Elle considère une installation avec deux enrouleurs irrigant 50 ha de culture d’été et 50 de cultures de printemps. Elle prend en compte les frais de fonctionnement et une partie de l’amortissement linéaire. Les essais étudiés ici sont représentatifs de la zone de production du Loiret.

 

La partie gauche du graphique compare le résultat économique d’une stratégie d’irrigation arrêtée précocement, environ autour du 5-15 juillet, par rapport à une stratégie sans irrigation. Sur les huit essais référencés, trois présentent tout de même un résultat négatif, soit du fait d’un relai pris rapidement par des pluies ne discriminant pas cette modalité par rapport au témoin, soit du fait d’un arrêt trop précoce. Le résultat moyen de cette stratégie reste tout de même largement positif avec certaines années une différence de marge brute conséquente. Ceci illustre bien la difficulté de construire une stratégie dans un contexte annuel que l’on ne peut prévoir, et de se baser sur un raisonnement fréquentiel.

 

La partie droite compare une stratégie avec une date d’arrêt conseillée par l’ITB, autour du 10 août par rapport à une stratégie avec des tours d’eau réalisés plus tardivement. La modalité d’irrigation tardive fait globalement ressortir des résultats moins bons. Deux raisons peuvent expliquer cela : des pluies prennent fréquemment le relai et ne permettent pas de justifier les coûts d’un tour d’eau supplémentaire, et/ou un tour d’eau trop tardif risque de dégrader la richesse et donc de ne pas valoriser le gain en racine.

 

Ces résultats peuvent bien entendu varier selon les hypothèses de calcul considérées, notamment les charges liées au matériel. Un autre facteur qui peut être pris en compte est le sur-coût éventuel lié à une gestion de la cercosporiose plus difficile sous régime irrigué.

 

Quelle prise en compte de la gestion de la cercosporiose dans une stratégie d’irrigation ?

 

Depuis cette année, la délégation ITB du Loiret conduit des travaux sur les interactions qu’il peut y avoir entre la gestion de l’irrigation et de la cercosporiose.

 

L’essai mis en place a pour objectif de répondre à deux grandes questions qui se posent autour de l’impact de l’irrigation sur la cercosporiose :

 

  • L’augmentation du nombre de traitements contre la cercosporiose du fait de tours d’eau répétés risque-t-elle de rendre l’irrigation non rentable ?
  • Peut-on dessiner une stratégie d’irrigation particulière dans les régions à forte pression cercosporiose qui rendrait l’irrigation plus rentable ?

 

Pour cela, les différentes stratégies d’irrigation déployées sur l’essai conduit dans le Loiret seront soumises à des déclenchements de traitements différenciés selon le seuil IPM. Cinq modalités sont mises en place : un témoin non irrigué, la stratégie conseillée par l’ITB, une stratégie d’arrêt précoce de l’irrigation, une stratégie d’arrêt tardif, et une stratégie intermédiaire.

 

Ce type d’essai est conduit pour la première fois cette année, et sera répété dans les années à venir si les premiers résultats sont concluants. Il fournira des données qui pourront servir à alimenter un modèle de prévision de la cercosporiose et des seuils de déclenchement de traitement. A terme, différentes situations pourraient être simulées afin de soumettre différentes stratégies à des années et des contextes climatiques variés.

 

A suivre !

 

 

 

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