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Les conseils de l’ITB pour la fertilisation azotée en 2022

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détail coutre B. PATENOTRE

Compte tenu du contexte de prix élevés des engrais azotés et des potentiels problèmes d’approvisionnement, l’ITB indique les possibles ajustements pour la fertilisation azotée de la betterave sucrière :

Des conseils de base à suivre impérativement

 

Il est indispensable de continuer à suivre les conseils de base, parmi lesquels :

 

  • La réalisation d’une mesure de reliquat sortie hiver pour chaque parcelle. Considérer une valeur moyenne expose au risque de se tromper de plusieurs dizaines d’unités d’azote compte tenu des variations inter-parcellaires observées chaque année.
  • La réalisation d’un reliquat sur 3 horizons, lorsque cela est possible. Omettre le troisième horizon conduit à sur-fertiliser et donc à un surcoût en engrais, et à une perte potentielle de richesse et de productivité.
  • L’utilisation de l’outil Azofert® pour déterminer la dose la plus juste à apporter, en prenant soin de bien renseigner la fiche de renseignements.

 

Peut-on réduire la dose d’apport ?

 

Du fait des prix élevés des engrais, il est légitime de s’interroger sur la réduction d’une dose par rapport au conseil, afin de tendre vers un optimum technico-économique.

L’ITB a estimé sur un réseau d’une centaine d’essais, conduits entre 2013 et 2021, la perte de rendement associée à une réduction de 40 kgN/ha du conseil donné par Azofert®. Il en ressort que celle-ci est susceptible d’être plus élevée lorsque la dose conseillée est faible, c’est-à-dire dans des situations où l’apport minéral couvre une très faible part des besoins de la betterave.

L’estimation de cette perte associée à une réduction de 40 kgN/ha de la dose conseillée, selon la valeur de la dose conseillée, est donnée dans le tableau suivant :

 

Dose conseilléePerte de rendement estimée
40- 6.6 %
60- 4.8 %
80- 3.1 %
≥ 100- 1.3 %

 

Par rapport ces estimations, et à un éventuel choix de réduire la dose d’apport, il est important de noter deux choses :

 

  • La réponse de la betterave à l’azote présente une variabilité importante, qui se retrouve autour de ces valeurs estimées,
  • Une fois que le choix d’une réduction de la dose d’apport est fait, il n’est pas envisageable de réaliser une mesure de correction tardivement dans le cycle végétatif, du fait du risque d’une perte importante de richesse et de productivité.

 

A partir de ces estimations, chaque betteravier peut prendre une position selon son propre contexte : le niveau de rendement visé auquel va s’appliquer le coefficient de perte donné par le tableau, la valeur de la dose conseillée, le prix d’achat de l’azote, le prix de vente espéré des betteraves. Plusieurs cas de figure vont se dégager :

 

  • Des situations où il y aura un intérêt à réduire la dose, comme par exemple dans le cas d’un potentiel de rendement faible ou modéré, avec une dose conseillée élevée,
  • Des situations où il y aura un intérêt à maintenir la dose conseillée, comme par exemple dans le cas d’un potentiel de rendement élevé, avec une dose conseillée faible,
  • Des situations intermédiaires, où la prise de décision sera plus délicate, et où pourront éventuellement être envisagées des réductions minorées.

 

Dans une majorité de situations où la dose conseillée est supérieure ou égale à 100 kgN/ha, une réduction de l’ordre de 40 kgN/ha permettra de tendre vers un optimum technico-économique. Dans tous les cas, il est déconseillé d’envisager une réduction de la dose au-delà de 40 kgN/ha au risque d’entraîner des pertes de rendement conséquentes. Il est bien évidemment déconseillé de faire une impasse d’apport sur betterave (sauf si la dose conseillée est nulle), et sur les autres éléments utiles au développement de la betterave sucrière.

 

 

Considérer l’apport enfoui localisé d’azote pour mieux se prémunir face à ces situations

 

L’utilisation de dispositifs de localisation de l’azote peut conduire à des réductions de doses correspondant au poste de volatilisation estimé par Azofert®, ou bien de l’ordre de 10 à 25 % (pour une dose conseillée supérieure à 80 kgN/ha) selon le contexte parcellaire pour un conseil donné avec d’autres outils. Du fait de la bonne valorisation de l’engrais par la betterave avec ce mode d’apport, l’impact sur le rendement est bénéfique. Ce mode d’apport permet donc de considérer une réduction sensible de la dose d’azote apportée, tout en augmentant la productivité. Il s’agit d’un bon moyen pour se prémunir face à des contextes aussi particuliers que celui de l’année 2022.

 

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Agrément conseil de l’ITB à l’utilisation des produits phytosanitaires n° 7500002.
Le portail EcophytoPIC recense les techniques alternatives à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.


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