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Choix des couverts d’interculture dans un assolement avec néonicotinoïdes

L’emploi de néonicotinoïdes sur betterave contraint les choix de couverts d’interculture dans l’assolement. L’ITB rappelle dans cet article les règles à suivre et les précautions à prendre.

Rappel réglementaire

L’arrêté du 5 février 2021 autorisant provisoirement l’emploi de néonicotinoïdes (NNI) indique qu’il faut « limiter l’implantation des cultures intermédiaires après la culture suivante à des cultures peu attractives pour les abeilles et les autres pollinisateurs conformément à l’annexe 2, ou éviter les floraisons, ou recourir à une destruction avant floraison. »

Les principales espèces susceptibles d’être employées comme couverts d’interculture, listées dans l’annexe 2, sont les suivantes :

Espèces Annexes 2

La campagne culturale se définit de manière générique "de la récolte du précédent (année n-1) à la récolte de la campagne en cours (année n)".

L'interculture à l'été-automne 2023 est donc rattachée à la campagne 2024, celle de l'été-automne 2022 est rattachée à la campagne 2023, etc. A partir de l'été 2023, il n'y a donc plus de contraintes sur le choix des couverts, dès lors que les dernières betteraves avec NNI ont été semées en 2021.

Pour les intercultures précédentes, il est possible d'implanter des couverts contraints par l'annexe 2 (cultures fourragères mellifères, moutarde, radis etc.) uniquement si la floraison est évitée, ou que le couvert est détruit avant celle-ci. Cependant, cette dernière option se confronte au cadre réglementaire des programmes d’actions régionaux pour les nitrates. Pour la plupart des régions betteravières, le couvert doit au moins être présent deux mois, et sa destruction ne doit pas être réalisée avant le 1er novembre. Les consignes peuvent varier selon les programmes d’actions régionaux, dans le cas notamment de situations spécifiques (teneur en argile élevée, semis tardif du couvert, zones d’actions renforcées…).

Les solutions techniques envisageables

En résumé, dans le cas d'une parcelle ayant reçu ses dernières betteraves avec NNI en 2021 et pour les couverts d'interculture de l'automne 2022, il faut soit choisir une espèce qui puisse être implantée sans contrainte selon l’annexe 2 (ce qui exclut les espèces indiquées "campagne 2024"), soit faire en sorte de ne pas avoir de floraison du couvert sous les contraintes de conduite définies dans les programmes d’actions.

Dans le second cas, deux leviers sont mobilisables pour éviter de se retrouver en difficulté :

  1. Choisir des espèces et/ou des variétés tardives,
  2. Retarder la date de semis du couvert pour limiter la somme de température et le risque de floraison.

Le choix peut se faire parmi des espèces qui, dans des conditions de semis relativement tardives (fin août, début septembre), ont peu de chances de fleurir avant la date de destruction réglementaire, comme la phacélie par exemple. Concernant les moutardes et radis nématicides, il convient de faire les bons choix.

Pour les moutardes nématicides les plus tardives, dans les essais conduits par l’ITB ces cinq dernières années, les floraisons ont débuté (avec moins de 3 % de plantes fleuries) au plus tôt autour des 1000°.j, et autour de 700-800°.j pour les variétés précoces. Pour les radis nématicides, plus tardifs que les moutardes, les floraisons (<3%) ont débuté au-delà de 1200°.j, à l’exception des variétés les plus précoces (Arena, Litinia). Le déclenchement des floraisons n’est pas uniquement lié à la somme de degrés jours : il peut dépendre aussi des durées des jours, de conditions particulièrement sèches etc. Il convient donc de conserver une marge de manœuvre. Les tableaux ci-dessous indiquent, pour quelques stations météorologiques, les sommes de degrés jours selon différentes durées de mises en place des couverts.

Somme degrés jours

Dans tous les cas, les variétés de moutardes précoces ne seront pas adaptées, que ce soit en pur ou en mélange, le risque de floraison est trop important. Pour des dates de semis autour du 10/09, avec une destruction autour du 10/11, des variétés tardives de moutarde peuvent permettre de respecter les contraintes liées à la réglementation. Pour des dates de semis plus précoces, autour du 01/09, le risque est un peu plus élevé, et il semble préférable de s’orienter vers un autre choix d’espèces. Dans les situations indiquées, les semis de radis sont adaptés : en revanche, sur des situations de semis plus précoces (début août), il convient de les éviter.

Finalement, l’objectif est de trouver un compromis sur la date de semis qui ne dégrade pas trop le développement du couvert, et qui n’entraine pas de floraison dans les contraintes réglementaires de destruction. Dans les situations de semis précoces, notamment pour les SIE, beaucoup d’espèces ne pourront pas être implantées avant l’été 2023 en couvert d’interculture. En cas de floraison inopinée du couvert, il peut être judicieux de prendre contact avec la DDTM pour voir les possibilités de destruction avant la limite réglementaire. Dans tous les cas, il est conseillé de vérifier les règles définies dans les Programmes d'Actions Régionaux (PAR) d'application de la Directive Nitrates. 

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Agrément conseil de l’ITB à l’utilisation des produits phytosanitaires n° 7500002.
Le portail EcophytoPIC recense les techniques alternatives à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.


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