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Reconstituer des historiques de rendements pour estimer une prime de risque jaunisse

Photo CGB

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Le projet GRECOS a pour objectif d’estimer les coûts du risque de jaunisse, c’est-à-dire la perte économique moyenne liée à la perte de rendement, en prenant en compte les nouvelles pratiques testées dans le PNRI. Cette estimation permettra de déterminer les dispositifs d’indemnisation et de gestions du risque financier capables d’accompagner la transition vers de nouveaux modes de production de la betterave sucrière.

Article écrit par Martial Phélippé-Guinvarc’h, Université du Mans, Jean Cordier, Institut Agro et Azilis Lesteven, ARTB.

Habituellement, les primes de risques sont calculées à partir de la perte économique moyenne sur un grand nombre d’années. Cependant, dans le cas de la jaunisse, l’intensité et la fréquence des pertes économiques sont mal connues car depuis le début des années 90, la majorité de la surface betteravière française est protégée par les néonicotinoïdes. Comment reconstituer des historiques longs de « rendements sans néonicotinoïdes » pour mesurer la prime de risque jaunisse ?

Un modèle de prévision de la jaunisse en fonction de la température a été développé en Angleterre en 1975 par Watson. C’est en adaptant ce modèle en France, que les rendements betteraviers « sans néonicotinoïdes » seront modélisés. Une équipe d’INRAE impliquée dans le projet SEPIM, a modélisé la date d’arrivée des pucerons en fonction de la température à partir de 10 pièges à succion présents sur la zone betteravière. Ce modèle est ensuite utilisé avec les données climatiques du DRIAS* pour reconstituer les dates d’arrivée des pucerons et de taux de contamination (surface infectée) sur un historique long. 

Les premières estimations des dates d’arrivée des pucerons et des stades de développement des betteraves sont représentés dans l’animation pour chaque année entre 1950 et 2100, avec les dates en abscisses (90 correspond au 1er avril) et la progression sur la zone betteravière (en pourcentage des surfaces) en ordonnées.

Du taux de contamination à la perte de rendement 

L’intensité de la perte de rendement liée à la jaunisse dépend de plusieurs facteurs et notamment de la date de contamination et du stade de développement des betteraves. En effet, plus les betteraves sont contaminées jeunes, plus la perte de rendement sera importante. 

L’intensité de la perte de rendement est calculée en fonction d’une évaluation des dates de semis et des stades de développement (levée, 4-6 feuilles et couverture du sol), modélisés à l’aide de données climatiques (pluie, températures). Par exemple, si la date d’arrivée des pucerons coïncide avec des betteraves au stade 4-6 feuilles, le niveau de perte appliqué sera plus important que si la date d’arrivée des pucerons coïncide avec le stade de couverture du sol, où la betterave a acquis une résistance à maturité. 

Le rendement final « sans néonicotinoïdes » pourra ensuite être reconstitué, en additionnant les niveaux de pertes modélisés avec les rendements observés sur au moins 15 années grâce à la collaboration du groupe Tereos. 

Projection à horizon 2050

L’utilisation de scénarios climatiques du DRIAS permet de prolonger la modélisation jusqu’en 2100 et de prendre en compte les évolutions du climat dans l’estimation du risque de jaunisse.


 * A partir de 1950 et simulation de données climatiques à partir de 2006. 

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