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PNRI - Des infrastructures agroécologiques (IAE) au service de la protection des betteraves

ITB National ·

Le déploiement d’infrastructures agroécologiques (IAE) est une stratégie de diversification végétale des abords de parcelles au service d’une meilleure régulation des ravageurs de culture. Cette stratégie est au cœur du projet de recherche IAE-Betterave du PNRI.  

 

Cet article a été rédigé par Kévin Tougeron, chercheur postdoctoral à l'UMR 7058 EDYSAN, du CNRS et de l'Université de Picardie Jules Verne

 

Les infrastructures agroécologiques (IAE), utilisant notamment des plantes de service ou de la végétation pérenne sont étudiées dans le cadre du PNRI au sein du projet IAE-2. Cette stratégie est par ailleurs soutenue par des dispositifs réglementaires de la PAC.

 

Un socle théorique déjà bien défini

 

Dans le cas de la betterave sucrière et plus généralement dans un paysage simplifié de grandes cultures, où les habitats semi-naturels sont rares et les pratiques agricoles intensives, la communauté des ennemis naturels et plus particulièrement des arthropodes prédateurs et parasitoïdes peut se trouver appauvrie, réduisant sa capacité à réguler les populations d’insectes ravageurs dont les pucerons vecteurs de jaunisse. L’implantation d’IAE telles que des haies, des bandes fleuries ou des bandes enherbées enrichit le paysage agricole en habitats semi-naturels et améliore leur connectivité fonctionnelle. Ces IAE offrent différents types de ressources alimentaires ou d’habitats aux ennemis naturels des pucerons : abri temporaire, refuge saisonnier, sites de ponte ou de nidification, proies alternatives, nectar floral et extrafloral, pollen, etc. Ces ressources peuvent permettre d’augmenter localement la densité et la diversité des auxiliaires de lutte biologique. Dans le cas des bandes fleuries, la littérature rapporte de nombreux exemples montrant que l’augmentation de la diversité des ennemis naturels se traduit par une amélioration du service de régulation des pucerons vecteurs de maladies.

 

 

Un protocole de suivi ambitieux

 

 

Dès 2021, la phase exploratoire du projet IAE-Betterave a permis de mettre en avant la faisabilité des suivis de terrain et d’affiner les protocoles. Pour la seconde partie du projet (2022-2023), des suivis seront effectués dans près d’une vingtaine de parcelles du réseau Fermes Pilotes (FPE) supervisé par l’ITB. Ces parcelles disposent toutes d’une bordure formée d’une bande fleurie pérenne ou semée à l’automne 2021 ou au printemps 2022, et d’une autre bordure formée d’une bande enherbée (ou d’une bande de graminées en bord de chemin). Au sein de ces parcelles, des suivis réguliers de l’entomofaune seront effectués d’avril à juin 2022 et 2023, de la levée des betteraves au stade 10 feuilles. Les suivis seront effectués du côté de chaque type de bordure (bande fleurie ou enherbée) et à trois distances de la bordure pour évaluer l’effet de ces paramètres. Les populations de pucerons verts (Myzus persicae) et noirs (Aphis fabae) ainsi que celles de leurs ennemis naturels (parasitoïdes, chrysopes, coccinelles, syrphes) seront dénombrées. De plus, la pose de pièges au sol (de type ‘Barber’) permettra d’évaluer la présence et de comptabiliser les prédateurs tels que les coléoptères carabiques, les araignées ou les staphylins, qui ne sont pas à négliger. Enfin, des relevés floristiques seront réalisés afin de mieux caractériser les bandes fleuries, et une notation des dégâts de jaunisse sera effectuée dans chaque parcelle. 

En plus de ce protocole de routine, des identifications plus poussées seront menées dans le cadre du projet IAE-Betterave afin de mieux connaître la diversité taxonomique dans les champs prospectés. Cela permettra notamment de recréer des réseaux d’interaction entre espèces pour savoir ‘qui mange quoi’ et ‘qui profite le plus des IAE’ dans les parcelles. Le but est ici de maximiser l’efficacité de ces IAE sur certains groupes taxonomiques cibles. 

Un champ de betterave à Chaumont-Gistoux, Wallonie, Belgique (crédit photo : Kévin Tougeron, juillet 2021)

 

 

La couverture de plusieurs contextes paysagers et climatiques

 

Le projet IAE-Betterave couvre une grande partie de la zone de production de la betterave sucrière en France, en s’appuyant sur le réseau FPE allant des départements frontaliers de la Belgique au bassin parisien et à la Normandie. Grâce à cette large couverture géographique, il sera possible de répondre à un des buts affichés du projet, c’est-à-dire savoir si l’efficacité des IAE implantées dans les parcelles dépend du contexte climatique (gradient de température) ou du contexte paysager (gradient d’ouverture du paysage, présence ou non de nombreux habitats semi-naturels boisés). Il s’agira donc de caractériser ces deux gradients à l’aide des relevés de stations météorologiques et d’analyses en systèmes d’information géographiques (SIG) afin de pouvoir les lier aux relevés biologiques effectués dans les FPE (abondances de pucerons et de leurs ennemis naturels, symptômes de jaunisse). Le but est ici de mieux considérer ces effets contexte-dépendants afin de mieux éclairer les prises de décisions en termes de gestion des pucerons ravageurs et vecteurs de maladie.

 

Note : La mise en place de ces protocoles profitera à d’autres projets du PNRI, comme SEPIM ou Resaphid.

 

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