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PNRI-Comprendre le projet DEFT

ITB National ·

fentes de retrait en sol argileux le 07 mai 2007

Betteraves dans les fentes de retrait en sol argileux, parcelle de non labour.

Evaluer la durabilité économique des solutions techniques du PNRI en s’appuyant sur la construction de fermes types « betterave » : tel est l’objectif du projet DEFT (Durabilité économique et Fermes Types) mené par l’ARTB. Retour sur l’avancée des travaux.

Qu’est-ce qu’une ferme-type ? 

 

Il s’agit d’une ferme « fictive » mais représentative d’une certaine catégorie d’exploitations permettant d’illustrer une réalité couramment observable dans un contexte pédoclimatique ciblé. Les paramètres pour la construction de cette ferme sont traditionnellement renseignés à dire d’experts, avec l’appui des Instituts Techniques Agricoles (ITA) dont l’ITB. Dans cette perspective, la ferme-type ne cherche pas à être exhaustive en matière de représentativité mais vise à définir un système agricole cohérent d’un point de vue agronomique, technique et économique et à l’échelle d’une exploitation agricole betteravière.

 

Différents éléments composent ces fermes types et doivent être renseignés : localisation, assolement, parc matériel, itinéraires techniques détaillés et données économiques associées (prix machine, prix intrants, …). Dans le cadre de ce projet, c’est l’outil Systerre®, développé par Arvalis et fournissant un support de calcul (à partir des caractéristiques d’entrée de chaque ferme-type) qui sera utilisé pour appuyer l’analyse de la durabilité économique des solutions techniques du PNRI.

 

Le projet DEFT au sein du PNRI

 

Outre la nécessité de caractériser et comprendre les interactions qui régissent le développement des virus de la jaunisse betteravière, le Plan National de Recherche et d'Innovation (PNRI) doit permettre d’identifier et d'expérimenter une palette de solutions techniques permettant de lutter efficacement contre ces virus.

 

A cet effet l’ITB - en collaboration avec INRAE, et les Services Agronomiques de Sucreries (SAS) – a mis en place un réseau de fermes d’expérimentation « pilotes ». Grâce à ce cadre d’analyse normalisé, les solutions techniques les plus viables vont pouvoir être identifiées avant d’être intégrées dans le cadre d’analyse des fermes types « betterave » du projet DEFT.

 

Grâce aux divers indicateurs disponibles en sortie de modélisation, l’ARTB réalisera ensuite une analyse critique afin d’évaluer la durabilité économique des solutions techniques proposées par le PNRI.

 

L’analyse réalisée portera à la fois sur le cycle de production et sur le cycle d’investissement. L’agriculteur continuera en effet d’investir dans la culture de la betterave si son espérance de rentabilité est satisfaisante. L’analyse microéconomique à l’échelle de l’exploitation sera par ailleurs complétée par une analyse plus macroéconomique à l’échelle de la filière (en lien éventuel avec l’émergence de certaines contraintes organisationnelles).

 

La méthode d’analyse sera renforcée en s’appuyant sur un groupe de travail constitué de chercheurs et de professionnels afin de structurer les éléments de coûts et de bénéfices.

 

Construction des archétypes et partenariat 

 

Le portrait 2018 des betteraviers français établi en collaboration avec PluriAgri à partir de la base de données RICA France a montré que les planteurs sont répartis au sein de trois grands types de systèmes :

 

- le système « Grandes Cultures Générales » (GCG) qui regroupe plus de la moitié des planteurs français (53%) ;

 

- le système « spécialisé en céréales et oléo protéagineux» (SCOP), dans lequel - à coté des productions de céréales et oléo-protéagineux qui sont dominantes dans l’assolement - les exploitants cultivent de la betterave sucrière (23 %) ;

 

- le système « élevage bovins » et « polyculture-élevage » (20 %).

 

Le traitement de données effectué pour la construction des fermes types betteravières a ensuite consisté à croiser ces trois types de systèmes par grandes régions betteravières, afin de documenter :

 

•    leur importance régionale, 

 

•    leurs grandes caractéristiques, 

 

•    les points communs ou divergences dans la structure de leurs assolements, en précisant la place de la betterave au sein de ce dernier.

 

Ce travail a permis de faire émerger 5 « archétypes primaires » (Tableau 1) 

 

Tableau 1 – Archétypes primaires 

 

Ces archétypes et les assolements qui y sont associés ont ensuite fait l’objet d’une analyse critique grâce notamment au retour « terrain » de la part des délégués régionaux de l’ITB. Une scission de l’archétype « Ile de France, Centre-Val de Loire, Aube-Yonne » a alors été identifiée et a conduit à la redéfinition de 6 « archétypes consolidés » (Tableau 2). Dans le même temps, l’archétype « Marnais » a été ajusté en augmentant la part du blé dans l’assolement au détriment de la pomme de terre. Le lin a par ailleurs été introduit dans l’archétype « Picard »

 

Tableau 2 – Archétypes consolidés

 

En parallèle et dans le cadre de l’utilisation de l’outil SYSTERRE comme support pour la constitution des fermes types PNRI, ARVALIS (à l’origine du développement de Systerre) et l’ARTB se sont mis d’accord pour permettre une mise à disposition de trois fermes types préexistantes qui intègrent la culture betteravière. Bien que des ajustements significatifs soient à réaliser, cette mise à disposition va permettre de dupliquer certains volets de l’itinéraire technique, fournissant de fait un gain de temps significatif lors de l’enregistrement et la saisie des fermes types PNRI dans l’outil SYSTERRE.

 

Les fermes types betteravières à date

 

Aux vues des travaux réalisés et présentés ci-dessus, six fermes types betteravières ont été définies à ce jour (Tableau 3). Ces six fermes représentent, par leurs diversités d’assolement et leur localisation géographique, un échantillon représentatif des principales régions betteravières françaises

 

(Le système « élevages bovins et polyculture élevage » a bien été prise en compte. Mais cela n’est pas concrètement visible dans les SAU).

 

Si les données moyennes de SAU ont d’ores et déjà été validées, la construction des rotations (et des itinéraires techniques associés) de chaque ferme type est en cours de finalisation et encore sujette à de possibles ajustements.  

 

Bien qu’il ait été initialement envisagé de tenir compte de la diversité des conditions pédoclimatiques - au sein d’une même zone de production - la prise en compte de ce critère s’avère extrêmement complexe et nécessiterait la construction d’un trop grand nombre de fermes types. A ce stade des travaux, cette option n’a donc pas été retenue. 

 

Tableau 3 - Fermes types betteravières

 

Cet article a été rédigé par l'ARTB

 

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