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La gestion des bioagresseurs en culture de betterave biologique

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L’utilisation de variétés tolérantes et le travail du sol qui perturbe l’installation des ravageurs souterrains sont les principaux leviers dans la lutte contre les bioagresseurs en culture biologique.

Des pratiques préventives peuvent permettre d’éviter la présence des bioagresseurs. La rotation est en ce sens un levier essentiel en culture biologique. Il est conseillé, si possible, d’allonger la durée entre deux betteraves, de diversifier la rotation et de limiter les plantes hôtes, y compris en interculture.
L’apparition et le développement de chaque bioagresseur dépend de différents facteurs :

  • l’historique parcellaire, déterminant surtout pour les ravageurs souterrains,
  • les conditions climatiques : risque régional mais aussi climat particulier de chaque parcelle,
  • les pratiques culturales : rotations, assolements, contrôle de l'acidité,
  • les facteurs parcellaires : type de sol, proximité avec des haies…

L’ITB propose plusieurs ressources pour mieux connaitre les principaux bioagresseurs de la betterave sucrière, dont le guide BETAGIA et les Fiches Bioagresseurs.

Les bioagresseurs de la jeune plantule

La lutte agronomique

Des mesures agronomiques préventives peuvent permettre la lutte contre les limaces, mulots et ravageurs souterrains.

La préparation du lit de semences au printemps doit être ferme et homogène. Les attaques de ravageurs souterrains sont toujours plus importantes dans les zones de terre soufflée. Il convient de privilégier une faible profondeur de travail (environ 5 à 7 cm), si nécessaire en 2 passages. D’une manière générale, le travail du sol doit permettre une levée rapide et homogène pour limiter les risques de parasitisme.
Par ailleurs, le repiquage de plants au stade 4-6 feuilles, testé par l’ITB, participe à la lutte contre les ravageurs souterrains par une stratégie d’évitement des dégâts aux stades précoces, les plus sensibles aux piqûres et aux pertes de pieds.

L’entretien des bordures de parcelles peut également limiter la présence de charançons ou d'acariens.

Les solutions curatives

Contre les limaces, des produits efficaces comme le Sluxx HP ou l’Ironmax Pro ont la mention UAB (Utilisable en Agriculture Biologique). Ces produits, à base de phosphate ferrique, sont utilisables à la dose de 7 kg/ha. La betterave est exposée à des attaques jusqu’au stade 6 feuilles. L’application de molluscicides peut s’avérer nécessaire quand 1 limace noire ou 4 limaces grises par m² sont observées et avec des conditions climatiques favorables à leur développement. Des comptages successifs sur des placettes fixes (6 à 12 rangs x 10 m) sont la méthode la plus fiable pour constater des pertes de plantes et réagir rapidement.
Concernant les nématodes à kystes (H. schaachti), des variétés tolérantes sont disponibles en agriculture biologique. L’utilisation de radis ou moutardes nématicides à l’interculture est aussi un levier pour limiter leur développement, ou a minima pour éviter leur multiplication.

 Les bioagresseurs de la plante adulte

Les ravageurs aériens

Il n’y a pas aujourd’hui de produit de protection efficace ou de variétés résistantes disponibles en production biologique. Malgré tout, des travaux de recherche sont en cours pour permettre aux betteraves, à terme, de mieux résister aux attaques de ravageurs. Pour les pucerons, de nombreuses pistes sont à l'étude notamment dans le cadre du PNRI (Plan National de Recherche et d’Innovations).

Les maladies fongiques

Les maladies fongiques en culture biologique peuvent avoir un impact important sur le rendement. Le risque du développement de chaque maladie va dépendre de la situation géographique de la parcelle.

Premier levier : choisir une variété tolérante aux maladies du feuillage

A ce jour, aucune variété produite dans le cadre d’une production de semence biologique n’est disponible en betterave. La culture bénéficie d’un régime dérogatoire pour utiliser des semences obtenues en production conventionnelle.
Le choix d’une variété tolérante est indispensable en agriculture biologique compte tenu des solutions curatives disponibles. Il est important de choisir parmi les variétés les plus tolérantes à la maladie dominante. Chaque année, l’ITB publie les résultats issus des essais d’évaluations variétales dans le Betteravier français du mois de novembre. Pour faire le bon choix, ces résultats doivent être consultés pour les variétés proposées pour la production biologique.

Le graphique ci-dessous illustre sur une expérimentation (en production conventionnelle) le comportement de variétés vis-à-vis de la cercosporiose selon leur niveau de sensibilité. Sans aucun traitement, la progression de la maladie est beaucoup plus faible pour les variétés résistantes.

Le graphique ci-dessous montre les résultats d’un essai (toujours en production conventionnelle) avec un développement faible et tardif de la cercosporiose. La variété tolérante atteint un meilleur rendement que la variété sensible, dans une conduite sans intervention phytosanitaire.

Dans un contexte de forte pression, comme dans l’essai ci-dessous, l’écart de productivité entre une variété tolérante et une variété sensible est encore plus marqué :

Les essais de l’ITB montrent que, quelle que soit la pression de la maladie, sa gestion est facilitée avec des variétés tolérantes.

Deuxième levier : les traitements possibles

Des produits sont également disponibles en agriculture biologique. Pour la culture de la betterave, les molécules de soufre et de cuivre (sous réserve d'obtention d'un dérogation 120 jours) protègent la culture respectivement contre l’oïdium et la cercosporiose.
L’ITB a mis au point pour les parcelles conventionnelles des seuils de déclenchement afin de traiter au bon moment. Ces seuils peuvent également s’appliquer pour protéger les parcelles conduites en bio avec les produits autorisés. Surveiller l’évolution des maladies du feuillage dans les parcelles est important pour traiter au bon moment.
La figure ci-dessous présente les résultats d’un essai d’efficacité de la molécule de cuivre utilisée en situation de forte pression de cercosporiose. Le produit est d’autant plus efficace que la gravité de la maladie est faible : une valeur élevée est synonyme d’une forte infestation.  Ce graphique montre que l’application d’un produit à base de cuivre permet de réduire la gravité de la maladie en comparaison avec un témoin non traité. 

Aujourd’hui, aucun produit à base de cuivre n’est homologué sur betteraves. Pour pouvoir utiliser cette molécule sur des betteraves biologiques, il est nécessaire d’obtenir une dérogation à l’utilisation du produit et que celui-ci possède la mention UAB. Pour en être tenu informé, le plus simple est de s’inscrire à la note d’informations de votre région.
D’autres produits sont également testés par l’ITB. S’ils sont homologués sur betteraves, obtiennent la mention UAB (Utilisable en Agriculture Biologique), et présentent une efficacité suffisante en regard de leur coût, ils pourront être conseillés pour la culture de la betterave biologique.

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Agrément conseil de l’ITB à l’utilisation des produits phytosanitaires n° 7500002.
Le portail EcophytoPIC recense les techniques alternatives à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.


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