

INFLUENCE DU CLIMAT SUR LE PHENOMENE
DE MONTEE à GRAINE DE LA BETTERAVE
SYNTHESE
Victorine PERARNAUD, Franck SOUVERAIN, Sébastien PRATS Météo France
Bruno DEQUIEDT SES France
Jacques FAUCHERE, Marc RICHARD-MOLARD ITB
INTRODUCTION
La betterave, semée de mars à avril et récoltée de septembre à novembre, subit parfois une montée à graine. Ce phénomène nécessite un arrachage manuel. Il diminue aussi la quantité de sucre récoltée.
On a constaté, notamment en Alsace, une absence de montée lorsque la betterave subit des températures " fraîches " au printemps (phase de ‘vernalisation’) et des températures " chaudes " en été (phase de ‘dévernalisation’). En revanche, des montées prématurées peuvent se produire dans le nord de la France et en bordure de mer. Cette approche est encore très qualitative.
Le premier objectif est de quantifier l’influence de paramètres agroclimatiques pertinents sur la montée à graine et de mettre en évidence d’éventuelles liaisons entre les deux phénomènes. L’étude porte sur 22 variétés " classiques ". On dispose pour un maximum de 3 années (1998, 1999 et 2000) et de 10 sites expérimentaux de l’ITB, de la date de semis et de valeurs de montée à graine à différentes dates pour différentes variétés de betterave. L’ensemble de ces données permet d’effectuer l’étude sur un échantillon de 18 couples site-année. On s’appuie également sur les températures, expertisées puis validées, des stations météorologiques de Météo-France les plus proches des 10 sites.
Une fois la liaison établie et l’indicateur agroclimatique déterminé, l’objectif est de cartographier le risque de montée à graine sur la zone de culture de la betterave pour 3 dates hypothétiques de semis. Ces cartographies sont réalisées à partir d’un réseau de stations météorologiques géré par Météo-France disposant de données de température maximale quotidienne sur une période trentenaire (1971-2000).
Conclusions
La principale conclusion est que les écarts de taux de montée à graine entre sites et entre années sont davantage expliqués par des températures élevées en fin de printemps-début d'été que par des températures fraîches au printemps. Ceci accrédite l'idée que les phénomènes de dévernalisation jouent un rôle important. Sept jours, consécutifs ou non, avec une température maximale supérieure à 25°C pendant la période de 61 à 120 jours après le semis sont suffisants pour annuler la vernalisation. Ces résultats sont plus significatifs pour le cumul des montées que pour les montées précoces. Ces montées précoces s'expliquent, en grande partie, par une contamination pollinique de certaines semences sur les lieux de production.
Cette approche permet de réaliser un zonage des risques de montée en fonction de la date de semis. C’est une aide à la décision dans le choix variétal et la prise en compte des performances des variétés en termes de sensibilité à la montée. Cela devrait intervenir galement dans les décisions d'inscription des variétés au Catalogue National par le CTPS (Comité Technique Permanent des Semences). Ainsi, on peut envisager l'inscription de variétés qui seraient dîtes "réservées à des régions à faible risque de montée".
Ce zonage devrait être également pris en compte pour l'implantation des dispositifs d'évaluation de la sensibilité à la montée tant au niveau de l'ITB que des semenciers. Ensuite, le suivi des montées serait réalisé à des dates systématiques représentant, par exemple, des sommes de températures fixes par rapport au semis afin d’intervenir à des stades phénologiques comparables entre sites et années.
D'autres indicateurs climatiques pourraient utilement être testés afin d’améliorer, si possible, l'évaluation du risque. On pourrait travailler sur des périodes de vernalisation / dévernalisation différentes de celles choisies pour l’étude (1 à 90 jours après le semis / 61 à 120 jours après le semis) ou bien déterminer ces phases à l’aide de sommes de températures plutôt qu’en nombre de jours.